Selon le Syndicat général des enseignants palestiniens, près de 80 000 élèves palestiniens de la ville d’al-Khalil, en Cisjordanie occupée, n’ont pas pu se rendre en classe la semaine dernière en raison d’un siège imposé par Israël, qui a entraîné le déplacement de 537 familles.
Dans un communiqué publié dimanche 1ᵉʳ novembre et relayé par l’agence de presse palestinienne WAFA, le syndicat indique que ces restrictions ont affecté 220 établissements scolaires — publics, privés ou gérés par l’ONU — situés dans le district éducatif central d’al-Khalil.
Le communiqué précise que les élèves déplacés ont été privés non seulement de cours en présentiel, mais également de leurs manuels scolaires et d’espaces adaptés à l’étude. Les enseignants, pour leur part, ont rencontré des difficultés pour rejoindre leurs établissements.
Par ailleurs, dimanche, les forces d’occupation israéliennes ont retenu pendant plusieurs heures dix enseignants de l’école primaire mixte de Jinba, sur la route reliant Khallat al-Dabaa à Masafer Yatta, dans le sud d’al-Khalil. Les soldats israéliens ont également immobilisé le véhicule transportant les enseignants, contraignant les élèves à attendre et entraînant l’interruption des cours.
Le Syndicat général des enseignants palestiniens a dénoncé ces fermetures de routes et ces détentions, les qualifiant d’« atteinte au droit à l’éducation, ainsi qu’à la vie et à la dignité des personnes ».
Le Syndicat a appelé les autres organisations syndicales du secteur éducatif à travers le monde à à concrétiser leur solidarité en faisant pression sur les gouvernements pour garantir l’accès aux établissements scolaires et protéger les élèves et les enseignants.
Le Syndicat a également exhorté l’Internationale de l’éducation (IE), une fédération mondiale de syndicats d’enseignants, à déployer des efforts diplomatiques et à dépêcher une délégation à al-Khalil et dans la région de Masafer Yatta afin de documenter les conséquences de ces restrictions.
L’offensive militaire israélienne est entrée, dimanche, dans sa dixième journée consécutive. Plus de 3 300 Palestiniens ont été déplacés ou affectés par cette situation, notamment dans les secteurs d’al-Jalda et d’Ain Deir Bahha. Cette incursion a également entraîné la démolition de 15 habitations et d’autres structures.
Les forces israéliennes ont imposé des restrictions de circulation à al-Khalil et dans les villages voisins, réquisitionné des habitations pour les transformer en postes militaires et mené des démolitions et des dégradations d’infrastructures, perturbant ainsi le quotidien des habitants.
L’armée d’occupation israélienne a lancé son offensive à al-Khalil le 23 octobre, à la suite d’une opération menée par deux Palestiniens, au cours de laquelle deux soldats israéliens ont été tués et trois autres blessés à proximité d’un point de contrôle. Les deux Palestiniens ont ensuite été tués par l’armée israélienne.
Depuis lors, les forces d'occupation ont imposé un bouclage militaire total à al-Khalil et aux villages environnants. Elles se sont également emparées de maisons palestiniennes dans les quartiers d’al-Jalda et d’Ain Deir Bahha pour les transformer en casernes militaires, sur lesquelles elles ont hissé des drapeaux israéliens.