Les syndicats de l’Éducation nationale et les organisations lycéennes et étudiantes appellent à la grève et à manifester le 5 novembre. Certaines organisations prévoient également de bloquer les établissements scolaires et universitaires dès le 2 novembre.
Six organisations syndicales de l’Éducation nationale appellent à la grève et à manifester le jeudi 5 novembre pour les salaires et les conditions de travail, selon un communiqué commun publié dimanche 1ᵉʳ novembre.
Les organisations dénoncent « l’austérité salariale » imposée aux personnels de l’Éducation nationale et un « déclassement salarial et social » de leurs professions.
Elles s’appuient sur la grève du 29 septembre dans la Fonction publique et affirment que, depuis, les revendications contre la vie chère et l’absence de mesures salariales significatives « ont pris de l’ampleur ». Elles évoquent aussi la mobilisation des lycéens, jugeant insuffisantes les réponses du gouvernement.
Les syndicats réclament des mesures immédiates : le dégel du point d’indice et des mesures catégorielles, sans contreparties, la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, une grille nationale de rémunération des AED, ainsi qu’un plan de titularisation des non-titulaires. Ils exigent également l’annulation des suppressions d’emplois prévues au budget 2027 dans le premier comme dans le second degré.
Les organisations affirment que leurs revendications sont « finançables par d’autres choix budgétaires ». Elles appellent à des réunions et heures d’information syndicale pour préparer la journée de grève, et demandent à rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu. Elles annoncent qu’elles se reverront rapidement pour faire le bilan de la journée et préparer la suite.
🇫🇷 France : entre interdictions et blocages, le bras de fer social s’intensifie
— Press TV Français (@fr_presstv) November 1, 2026
➡️ Alexandre Rougé, écrivain et journaliste, nous livre son analyse. pic.twitter.com/VTcyQ0OFOl
L’organisation Les Lycéens ! appelle également au blocus des établissements dès le lundi 2 novembre, dénonçant les réponses insuffisantes du gouvernement aux revendications de la jeunesse, alors que d'autres organisations lycéennes et étudiantes prévoient des blocages les 3 et 5 novembre.
« Il ne nous a presque rien donné, donc […] bien sûr qu’on appelle au blocus et donc les lycées seront bloqués, et ce dès lundi », a déclaré, ce 1er novembre, Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens ! Il réagissait aux propos d’Emmanuel Macron qui, dans un entretien diffusé le 28 octobre, avait estimé que les revendications de la jeunesse française avaient été « entendues » par le gouvernement de Sébastien Lecornu.
Au cours de cet entretien de plus d’une heure, le président français avait également appelé à une reprise des cours dans le « calme » le 2 novembre. Collégiens et lycéens étaient en vacances depuis le 17 octobre, à l’occasion de la Toussaint.
« Ce sera plus à partir de mardi, mais on sait qu'il y a des lycées qui vont être bloqués dès demain. Et nous soutenons tous nos camarades qui bloquent leurs lycées dès demain », a déclaré Pierre Sourzat.
Le président de l’organisation Les Lycéens ! a défendu un « sacrifice » nécessaire pour les générations suivantes. « Le gouvernement a fait avec nous de la politique de comptoir. Il nous a un peu méprisés, c’est limite s’il se moque de nous », a-t-il fustigé. Il a notamment critiqué le recours aux « prêts bonifiés » que le gouvernement entend proposer aux régions pour rénover les bâtiments scolaires vétustes, alors que certaines collectivités sont déjà lourdement endettées.
Il a également estimé que la refonte annoncée de la plateforme d’orientation Parcoursup « ne résout pas le problème de places » dans l’enseignement supérieur pour les bacheliers. « C'est de la poudre qu'on met aux yeux. Il y a un peu de vernis, mais dès qu'on gratte, il n'y a plus rien derrière », a-t-il enchaîné.
Samedi, la porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, a également annoncé des blocages dans les établissements scolaires et universitaires. « Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation le 5 novembre à l’appel des travailleurs et travailleuses », a-t-elle déclaré.
« Vouloir interdire les manifestations chaque semaine, vouloir interdire les cortèges qui ont toujours eu lieu dans de bonnes conditions… On va leur montrer qu’ils ont tort ! », a-t-elle ajouté.