Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que l’Iran n’envisage actuellement aucune rencontre avec des responsables américains, qualifiant les spéculations médiatiques sur une éventuelle rencontre diplomatique de « simples conjectures des médias ». Toutefois, il a confirmé que la lettre du vice-président américain JD Vance, remise au secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique d’Iran, a été examinée lors de réunions à haut niveau.
S’exprimant lors d’un entretien accordé ce samedi 31 octobre à la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, M. Araghchi a indiqué que la démarche américaine visant à ouvrir un espace plus large au dialogue constitue « une étape positive ». Cependant, il a averti que si le message de Vance vise à exacerber les divisions, Washington commettrait une nouvelle erreur qui s’ajouterait à celles qu’il a déjà commises.
À noter que la lettre de JD Vance a été remise dimanche à Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la RII, par l’intermédiaire de médiateurs qataris. Son contenu n’a pas été rendu public, mais plusieurs médias américains ont rapporté qu’elle proposait un « cadre » pour l’ouverture de négociations directes.
Selon le New York Times, JD Vance aurait proposé une rencontre prochaine entre des responsables américains et iraniens, avec lui-même à la tête de la délégation américaine, souhaitant, toujours selon le journal, que le programme nucléaire iranien soit abordé dès l’ouverture des discussions. Une condition que Téhéran a déjà rejetée par le passé. Le Qatar et la Turquie figureraient parmi les lieux envisagés pour accueillir cette éventuelle rencontre, toujours selon des rapports.
Dans un autre volet de ses propos, il a déclaré que Téhéran ne voit actuellement aucune nécessité de rencontrer la partie américaine, soulignant que les conditions posées par l’Iran sont claires. Il a ajouté que les médiateurs poursuivent leurs consultations autour de ces mêmes conditions.
Il a précisé que la décision concernant la tenue d’éventuelles négociations avec les États-Unis, qu’elles soient directes ou indirectes, ne serait prise qu’après l’acceptation par Washington des conditions iraniennes.
En outre, le chef de la diplomatie iranienne a indiqué qu’une délégation iranienne s’est rendue à Doha, affirmant que son adjoint se trouve au Qatar afin de poursuivre les consultations.
M. Araghchi a remercié le Qatar et le Pakistan pour leurs efforts soutenus et leurs contacts, précisant que les médiateurs ont soumis des propositions concernant la question nucléaire, que Téhéran est en train d’examiner.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a précisé que la proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz constitue le seul plan actuellement sur la table.
Cette démarche américaine intervient alors que le président des États-Unis, Donald Trump, a proféré des menaces, selon lesquelles Washington envisage de lancer une frappe militaire brève, mais intense contre l’Iran, à l’issue des élections américaines de mi-mandat prévues mardi. Téhéran a, de son côté, précisé qu’il ripostera fermement à tout acte d’agression.
Interrogé sur la lettre envoyée par son vice-président, Donald Trump en a toutefois donné une interprétation différente, prétendant que celle-ci portait sur la question des « fournitures médicales » destinées à l’Iran, et non sur des négociations.
Samedi, le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, a ordonné aux hauts commandants militaires de veiller à ce que toute menace ennemie, quelle qu’en soit l’ampleur ou la nature, fasse l’objet d’une riposte « immédiate, efficace et sans restriction géographique ».
Cette directive a été émise lors d’une rencontre avec de hauts commandants des forces armées, parmi lesquels le général de division Ali Abdollahi, chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général de division Amir Hatami, commandant en chef de l’armée, et le général de division Ahmad Vahidi, commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
Si les ennemis de la République islamique d’Iran tentent de reprendre leurs attaques militaires ou terroristes, ce seront les forces armées et la nation iraniennes qui détermineront quand et dans quelles conditions ces attaques prendront fin, a martelé le Leader.