Le ministre iranien de l’Agriculture a déclaré que Téhéran considère les nations africaines comme des partenaires stratégiques pour l’investissement mutuel et le développement durable, et non comme de simples consommateurs de produits iraniens.
S’exprimant samedi à Téhéran lors de la première Conférence nationale sur la coopération agricole entre l’Iran et l’Afrique, le ministre iranien a affirmé que la République islamique d’Iran ne perçoit pas l’Afrique comme un simple débouché commercial ou un réservoir de matières premières, mais comme un partenaire stratégique clé pour l’investissement mutuel et le développement économique partagé.
Gholamreza Nouri Ghezeljeh a souligné que les liens agricoles entre l’Iran et l’Afrique doivent dépasser le stade des discussions préliminaires pour se muer en partenariats concrets, opérationnels et durables.
« La coopération agricole Iran-Afrique doit s’affranchir de la simple présentation des capacités pour se concentrer sur la planification de projets ; elle doit passer des mémorandums d’entente aux contrats d’exécution, et des échanges sporadiques à des partenariats durables dans les domaines de la production, de la technologie et du commerce », a déclaré M. Nouri Ghezeljeh.
S’adressant à plus de 200 acteurs économiques, ambassadeurs étrangers et attachés commerciaux, le ministre a insisté sur le fait que la volonté politique de développer les relations Iran-Afrique doit se traduire par des résultats spécifiques et mesurables.
Il a souligné que la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations ne doivent jamais être utilisés comme des instruments de pression politique, appelant à une coopération fondée sur le respect mutuel, le rejet de l’unilatéralisme et l’opposition à l’agression.
Le ministre a mis en avant les vastes capacités de l’Iran en matière d’irrigation et de gestion de l’eau, de production sous serre, de machines agricoles, de technologie des semences, d’élevage, de vaccins vétérinaires, de pêche et d’industries de transformation. Ces expertises sont destinées à compléter le potentiel agricole important de l’Afrique, notamment dans les cultures, les produits tropicaux et ses marchés en pleine croissance.
Le haut responsable a également critiqué les politiques belliqueuses des États-Unis, affirmant que les actions agressives de Washington ont gravement perturbé la sécurité alimentaire mondiale, provoquant une hausse des prix alimentaires pouvant atteindre 23 %, ce qui affecte de manière disproportionnée les populations vulnérables à travers le monde.
Il a exprimé l’espoir que les États-Unis reviennent à une voie rationnelle et contribuent à la fin des guerres qui exercent une pression immense sur les systèmes nutritionnels et alimentaires mondiaux.
Bien que le commerce entre l’Iran et l’Afrique ait atteint environ 940 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de l’année civile iranienne — marquant une augmentation de 66 % par rapport à la même période l’année dernière —, le ministre a noté que ce chiffre reste modeste au regard de l’immense potentiel d’un marché dépassant un milliard d’habitants.
Il a appelé le secteur privé à prendre les devants dans la planification et l’exécution des projets, tout en affirmant que le rôle du gouvernement est de faciliter les échanges, de lever les obstacles et de fournir des réglementations claires, des mécanismes de paiement fiables, des transports pratiques et des cadres juridiques prévisibles.
Le ministre a conclu en soulignant que la véritable mesure du succès ne résiderait pas dans le nombre de réunions tenues ou de documents signés, mais dans les contrats exécutés, les projets achevés et la valeur concrète apportée aux producteurs et aux citoyens des deux côtés.
Cette conférence intervient dans le cadre d’une volonté stratégique plus large de Téhéran d’approfondir ses liens avec le continent africain.
Au cours des dernières années, l’Iran a organisé plusieurs sommets de coopération Iran-Afrique, a mis en place des commissions économiques conjointes avec de nombreuses nations africaines et a étendu son influence diplomatique et commerciale dans le cadre d’un changement délibéré de sa politique étrangère vers les pays du Sud global.
Le quatrième Sommet de coopération Iran-Afrique doit se tenir le mois prochain, consolidant davantage cette trajectoire.