Le ministre israélien de la Guerre affirme que le régime occupant expulsera de force les Palestiniens de la bande de Gaza dès que le président américain Donald Trump donnera son feu vert.
S'exprimant mercredi lors d'une conférence organisée par le site d'information israélien Ynet et le journal Yedioth Ahronoth, Israel Katz a affirmé qu'Israël « est prêt à déplacer les habitants de Gaza hors du territoire si les États-Unis donnent leur feu vert, prétendant que l'expulsion des Palestiniens de Gaza reste la « seule solution ».
« En définitive, il n'existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration » de sa population, a déclaré le ministre, notant que le régime de Tel Aviv « est organisé et prêt à les faire partir (les Palestiniens) par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles ».
Sans dire d'où il tenait ce chiffre, Israel Katz a aussi prétendu que « 80 % [des Gazaouis] veulent partir » et quitter le territoire palestinien assiégé.
Ces déclarations du ministre israélien interviennet alors que le déplacement forcé d'une population civile est un crime de guerre au regard du droit international.
« Mais pour que cela se produise, nous avons besoin des États-Unis », a affirmé Israël Katz, rappelant que l'approbation de Trump était cruciale pour convaincre d'autres pays d'accepter les réfugiés palestiniens.
« Ce qui retarde le plan, c'est que les pays candidats souhaitent le soutien des États-Unis », a-t-il ajouté. « Tous les pays disposés à y adhérer veulent l'appui américain. »
Katz insiste que le projet visant à expulser les Palestiniens de leurs terres reste à l'étude et n'a été que « gelé » par Trump sous la pression des États arabes.
« Le projet n’a pas été annulé ; il est constamment discuté, même en ce moment, et je pense qu’il n’y a pas d’autre solution qui convienne à tous. »
Interrogé sur la date à laquelle il pensait que le plan pourrait être mis en œuvre, le ministre israélien a déclaré que ce serait « lorsqu'il deviendra clair que [le groupe de résistance palestinien] Hamas ne respecte pas ses engagements » dans le cadre du plan américain pour Gaza.
« Nous aurons alors le feu vert pour progresser militairement, territorialement et dans d'autres domaines également », a-t-il poursuivi.
Au début de son second mandat présidentiel, Donald Trump a appelé à l'expulsion par la force des deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza et au placement du territoire sous contrôle américain, une mesure que les juristes ont dénoncée comme un crime de guerre au regard des Conventions de Genève.
À la suite de vives réactions, notamment de la part de la Palestine et de l'Égypte, Trump a fait marche arrière.
Le sénateur américain Chris Van Hollen a déclaré avoir déjà averti qu’Israël préparait un nettoyage ethnique à Gaza, après avoir effectué une visite à la frontière égyptienne du territoire sous blocus.
« Le ministre israélien de la Guerre admet, sans détour et sans vergogne, que la politique officielle d'Israël s'apparente à un nettoyage ethnique à Gaza», a déclaré HA Hellyer, chercheur associé principal au Royal United Services Institute au Royaume-Uni. « Et pourtant, on s'attend à ce que nous prenions au sérieux ceux qui prétendent le contraire. »
Israël a déclenché une guerre génocidaire contre la bande de Gaza le 7 octobre 2023, après que le Hamas a mené une opération historique contre l'entité usurpatrice en représailles aux atrocités accrues du régime contre le peuple palestinien.
Deux ans plus tard, Israël a accepté un accord de cessez-le-feu à Gaza, sans être parvenu à atteindre ses objectifs déclarés, à savoir éliminer le Hamas et libérer tous les captifs.
Depuis lors, cependant, le régime criminel a continué de mener des attaques contre Gaza en violation du cessez-le-feu, faisant au moins 73 470 morts et 174 540 blessés au cours des trois dernières années.