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L'inflation n'a pas laissé de répit aux Américains en juillet, à +3,7% sur un an

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Les prix de l'essence aux États-Unis ont rebondi en août. ©AFP

L’inflation PCE, indice des prix des dépenses de consommation personnelle privilégié par la Fed, a stagné à 3,7 % sur un an en juillet, contre un niveau à 3,6 % attendu par les marchés. Ce coup d’arrêt prolonge la pression sur les ménages américains et réduit la marge de manœuvre de la banque centrale.

L’inflation américaine ne recule plus. L’indice PCE, l’indicateur de prix suivi en priorité par la Réserve fédérale, a augmenté de 3,7 % sur un an en juillet, soit le même rythme qu’en juin et davantage que les 3,6 % attendus par les marchés. Le chiffre publié récemment par le Bureau of Economic Analysis, l’institut statistique américain, place de nouveau Donald Trump et la Fed face à la persistance du coût de la vie.

Sur un mois, les prix mesurés par le PCE ont progressé de 0,2 % en juillet, après un recul de 0,1 % en juin. L’inflexion constatée depuis le pic de 4,1 % en mai s’interrompt donc, à un niveau encore très éloigné de la cible de 2 % de la banque centrale américaine.

L’inflation sous-jacente reste élevée

Hors alimentation et énergie, deux postes particulièrement volatils, l’indice PCE a lui aussi progressé de 0,2 % sur le mois et de 3,3 % sur un an. Ce niveau suggère que la hausse des prix ne dépend pas seulement du carburant ou des denrées alimentaires.

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Les membres du comité de politique monétaire de la Fed ont déjà relevé que les hausses de prix restaient larges, touchant les biens, les services hors logement et certaines dépenses liées aux investissements dans l’intelligence artificielle. Le compte rendu de la réunion des 28 et 29 juillet fait aussi état de pressions liées aux tarifs douaniers passés, aux coûts énergétiques et aux tensions géopolitiques. La Fed juge que les risques sur l’inflation restent orientés à la hausse.

La Fed n’a pas de signal clair pour relâcher la pression

Le 29 juillet dernier, le comité de politique monétaire a maintenu le taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. Trois membres avaient alors demandé une hausse de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage, signe d’un débat qui s’est durci au sein de l’institution.

La stabilité du PCE en juillet prive les partisans d’une détente monétaire d’un argument important. Un maintien prolongé de taux élevés renchérit le crédit immobilier, le financement des véhicules et les emprunts des petites entreprises. La Fed constate déjà que l’accès au crédit demeure restrictif pour de nombreux ménages et petites entreprises.

Selon Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union, « la lassitude des consommateurs est réelle ». 

Les données de mercredi, publiées par le ministère du Commerce, reflètent l’évolution des prix, mais aussi des revenus et des dépenses. Or ces dernières n’ont progressé que parce que les biens et services coûtent plus cher.

Le pouvoir d’achat est au cœur de la campagne en vue des élections de mi-mandat (en novembre), alors que Donald Trump avait promis de rendre les Américains plus riches.

Les prix sont largement affectés par la guerre illégale initiée par le président américain contre l’Iran, qui a fait exploser les coûts énergétiques.

En l’absence d’issue en Asie de l’Ouest, l’essence s’est à nouveau renchérie ce mois-ci dans les stations-service américaines, où le gallon (3,8 litres) coûte en moyenne 4,10 dollars, selon les données de l’association automobile américaine. C’était environ trois dollars avant cette guerre imposée.

« Le président Trump avait juré de faire baisser les prix +dès le premier jour+ [de son mandat]. Il a échoué », a cinglé dans un communiqué la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

« L’inflation est aujourd’hui plus élevée que lors de son entrée en fonction en janvier 2025, plus élevée que lorsqu’il a lancé ses droits de douane chaotiques en avril 2025, et plus élevée que lorsqu’il a déclenché sa guerre illégale en Iran il y a cinq mois », a-t-elle reproché.

Pour Donald Trump, l’enjeu déborde la publication statistique. Les prix alimentaires, l’essence, le diesel, les loyers et le coût du crédit constituent la traduction quotidienne de l’inflation pour les électeurs. Les mesures temporaires prises pour accroître l’offre de bœuf haché importé peuvent atténuer localement certaines hausses, mais elles ne modifient pas la dynamique générale révélée par le PCE.

Le risque politique est direct : si les prix continuent de progresser plus vite que le pouvoir d’achat ressenti, l’amélioration des revenus nominaux ne suffira pas à dissiper le mécontentement.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV