Les prix du gaz en Europe ont fortement augmenté, tandis que les stocks sont nettement inférieurs aux besoins avant l'hiver, ce qui aura des répercussions sur l'inflation, la croissance et la sécurité énergétique.
Plusieurs mois avant l'hiver 2026, Anders Opedal, PDG du géant énergétique norvégien Equinor, a déclaré le 24 août que les réserves de gaz naturel de l'Union européenne (UE) étaient à leur plus bas niveau depuis 15 ans. « C'est inquiétant », a-t-il affirmé.
D'après les derniers chiffres, les installations de stockage souterrain de gaz de l'UE fonctionnaient à 61,7 % de leur capacité au 22 août. Ce niveau est inférieur aux besoins habituels avant l'hiver.
Face à la volatilité des marchés de l'énergie, l'UE a assoupli sa réglementation, accordant aux pays une plus grande flexibilité pour atteindre leurs objectifs et envisageant le seuil de 80 % en cas de conditions de marché défavorables. « Nous ne pensons pas que l'Europe sera en mesure d'atteindre 80 % d'ici l'automne », a déclaré, récemment, le PDG du géant Equinor à Reuters.
Selon une analyse du cabinet d'études de marché Montel, les réserves de gaz européennes pourraient n'atteindre que 69 % d'ici le 1er novembre, en fonction du rythme d'injection de gaz et de l'accès au GNL.
L'un des principaux facteurs contribuant à la situation actuelle en Europe est la forte concurrence avec le marché asiatique. L'Europe ayant abandonné les gazoducs russes, elle dépend désormais du GNL transporté par voie maritime.
Le marché subit également les pressions des conditions météorologiques. Les vagues de chaleur prolongées et les sécheresses estivales ont réduit la production hydroélectrique, tandis que certaines centrales nucléaires sont confrontées à des limitations de fonctionnement dues à des pénuries d'eau pour le refroidissement.
Le prix du gaz pèse lourdement sur les économies européenne
Les contraintes d'approvisionnement se sont rapidement répercutées sur les prix du gaz.
Les prévisions actuelles indiquent que les prix du gaz pourraient se maintenir autour de 60 euros/MWh au quatrième trimestre 2026 et au premier trimestre 2027, un niveau supérieur aux 45 euros/MWh des précédentes prévisions de référence. Le résultat final dépendra des volumes de gaz ajoutés avant novembre, des approvisionnements internationaux en GNL et de la rigueur de l'hiver.
La hausse des prix du gaz aura des répercussions sur de nombreux secteurs de l'économie. Le gaz est un intrant essentiel à la production d'électricité et à de nombreuses industries ; par conséquent, la hausse des coûts énergétiques peut entraîner une augmentation du prix des biens et des services.
L'impact variera selon les économies. Les pays grands consommateurs de gaz pour la production d'électricité seront davantage touchés par la hausse des prix.
Oxford Economics prévient que l'inflation globale dans la zone euro pourrait atteindre près de 3,5 % d'ici la fin de l'année. Les économistes prévoient que la Banque centrale européenne (BCE) relèvera ses taux d'intérêt de 0,25 % supplémentaires en septembre, ce qui ralentirait considérablement l'activité économique et la croissance en Europe.