Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté les menaces de sanctions américaines plus sévères contre Téhéran, les qualifiant de nouvelles tactiques de pression vouée à l’échec. Il a affirmé que Washington devrait dialoguer avec l’Iran avec respect et rechercher une solution fondée sur la « justice et l’honneur ».
S’exprimant dimanche 23 août en marge d’une cérémonie à Téhéran, M. Araghchi a déclaré que les menaces américaines de prendre de nouvelles mesures économiques anti-iraniennes relevaient d’une approche habituelle à laquelle l’Iran avait été confronté à maintes reprises.
« Ce qu’ils appellent opération économique n’est qu’un scénario qui se répète sans relâche et une vieille forme d’intimidation de la politique américaine », a déclaré Araghchi.
Il a ajouté que Washington était passé des menaces d’une action militaire à de « vieux plans », ce qui, selon lui, témoignait du désarroi de l’administration américaine.
Araghchi a par ailleurs souligné que les États-Unis devaient reconnaître que les pressions ne permettraient pas de résoudre leurs différends avec Téhéran.
« Ils n’ont d’autre choix que de parler au peuple iranien avec respect et de trouver une solution fondée sur la justice et l’honneur », a-t-il martelé.
Interrogé sur le point de savoir si Téhéran était préoccupé par la perspective d’un blocus économique et par de nouvelles menaces, Araghchi a déclaré que l’Iran n’avait jamais été intimidé par de telles menaces.
« Nous n’avons jamais eu peur », a-t-il déclaré, arguant que les précédentes mesures économiques et militaires contre l’Iran avaient échoué et que la nouvelle campagne de pression connaîtrait le même sort.
Ses commentaires font suite à l’avertissement du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, selon lequel Washington pourrait imposer « les sanctions les plus sévères de l’histoire » à l’Iran. Bessent doit exposer la position de l’administration américaine lors d’une conférence de presse lundi.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a mis en garde tous les pays contre toute forme d’aide à l’Iran, tandis que Bessent a exhorté la Chine à coopérer avec Washington pour freiner les exportations de pétrole iranien. La Chine demeure un important acheteur de pétrole brut iranien et a plaidé pour la voie diplomatique.
Dans le même temps, le Pakistan poursuit ses efforts de médiation entre l’Iran et les États-Unis dans le contexte du conflit actuel.
Plus tôt dimanche, l’Iran a annoncé que le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, se rendrait à Téhéran lundi dans le cadre des efforts régionaux visant à rétablir la paix et la sécurité. Une source gouvernementale pakistanaise a indiqué que les discussions porteraient notamment sur les récents développements, y compris la menace de nouvelles sanctions américaines.
Le Pakistan a joué un rôle de médiateur dans la conclusion, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis, exigeant des deux parties la cessation des hostilités et la préparation de nouvelles négociations. Cependant, les États-Unis ont violé cet accord en menant des frappes aériennes meurtrières contre l’Iran et en imposant un blocus naval du pays.
Le Pakistan avait auparavant joué un rôle déterminant dans l’obtention du cessez-le-feu du 8 avril qui a mis fin à la guerre d’agression illégale américano-israélienne contre l’Iran.