Dans une lettre ouverte, plus de 100 anciens diplomates français et britanniques appellent, samedi 22 août, le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Andy Burnham, à agir face à l’occupation israélienne et à imposer des sanctions contre Israël.
Ils rappellent qu’« en 2025, la France et le Royaume-Uni ont reconnu l’État de Palestine », affirmant que « cette étape nécessaire doit être concrétisée par une action d’urgence pour sauvegarder le droit à l’autodétermination des Palestiniens », alors que le cabinet israélien cherche systématiquement à « détruire toute perspective d’État palestinien indépendant ».
Sans détour, la lettre accuse : « À Gaza, deux millions de Palestiniens sont parqués sur 30 % de leurs terres dévastées, affamés, sans médicaments ni logements. Plus de 1 200 Palestiniens ont été tués depuis le prétendu "cessez-le-feu". »
Les diplomates jugent moralement erronée et contre-productive les affirmations du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon lesquelles Israël doit « vivre par l’épée ». Ils dénoncent également la politique israélienne consistant à « priver les autres [les Palestiniens] de leurs droits et de leurs terres ».
La lettre dénonce également « la destruction systématique de Gaza et sa population ». Concernant la Cisjordanie et Qods-Est, ils ont écrit : « Les démolitions de maisons palestiniennes et la violence débridée des colons, avec la connivence de l’armée et de la police israéliennes, constituent un nettoyage ethnique. La Palestine s’efface sous nos yeux. »
Les signataires élargissent leur critique au-delà de la Palestine : « Cette politique d’occupation et de destruction s’étend également au Liban, où de nombreux villages ont été rasés, et à la Syrie. C’est une tache sur la conscience de l’humanité, qui exige que le Royaume-Uni et la France agissent. »
La lettre intervient après la publication par Israël d’appels d’offres pour la construction de 1 200 maisons dans le projet de colonisation E1 en Cisjordanie, qualifié de « ligne rouge » par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.
Les anciens diplomates recommandent que la France et le Royaume-Uni respectent les décisions de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale. Ils appellent à la suspension de l’accord d’association UE-Israël et de l’accord commercial Royaume Uni-Israël pour violation des droits de l’homme, ainsi qu’à la suspension des transferts d’armes vers et depuis la Palestine occupée ainsi que de toute coopération militaire bilatérale avec celle-ci.
La lettre exige également un accès sans restriction à l’aide à Gaza menée par l’UNRWA, avec accès garanti aux journalistes, diplomates et parlementaires. Elle demande l’interdiction de tout commerce avec les colonies, y compris les biens, investissements et services financiers.
Enfin, les diplomates recommandent de criminaliser l’achat de propriétés sur des terres palestiniennes occupées et de retirer le statut de charité aux organismes finançant les colonies.