Le chef de la sécurité iranienne affirme que la République islamique d’Iran neutralisera les pressions économiques imposées par les États-Unis, notamment en ripostant aux pays qui se joindraient à la « guerre économique » menée par Washington contre le pays.
« Nous neutraliserons cette guerre économique. L’Amérique est dos au mur. Soit elle honore ses engagements, soit elle devra se battre pour s’en sortir, ce qui ne fera qu’empirer la situation », a déclaré Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, lors d’une interview télévisée tenue ce samedi 22 août.
Il a énuméré les conditions que Washington devait remplir pour respecter de telles obligations, notamment la cessation de tous les actes d’agression et l’engagement à ne pas entraver le trafic maritime dans la région.
Le responsable de sécurité iranien a averti tous les pays voisins de s'abstenir de s’engager dans une guerre économique contre l’Iran. « Quiconque le fera sera considéré comme un pays hostile. Certes, nous négocierons d’abord avec eux pour les convaincre de s'éloigner du front américain, mais s’ils persistent, nous prendrons des mesures de rétorsion et nous viserons leurs intérêts. »
Selon ce responsable, l’Iran pourrait bloquer le transit du pétrole dans tout le golfe Persique si de telles mesures étaient mises en œuvre.
« S’ils entreprennent une telle action, nous ne laisserons pas une seule goutte de pétrole traverser le golfe Persique. Le pétrole ne sortira ni par le détroit d’Ormuz, ni par le golfe Persique », a-t-il ponctué.
Mohsen Rezaï a ajouté que la réouverture du détroit d’Ormuz n’était pas à l’ordre du jour et que les États-Unis devaient d’abord respecter leurs engagements.
« Le détroit d'Ormuz fait partie de l'identité iranienne »
Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale a affirmé que l'Iran et Oman s'étaient mis d'accord sur une route commerciale à travers le détroit d'Ormuz, même si aucune déclaration conjointe n'avait encore été préparée.
« Cette route commerciale est partagée par l’Iran et Oman », a-t-il déclaré, tout en précisant que, pour l’instant, elle n’existait « que sur le papier », rappelant que le détroit serait rouvert une fois que les États-Unis auraient rempli leurs engagements.
« Il existe ici une autre identité qui nous appartient. Le détroit d’Ormuz est la porte d’entrée du golfe Persique, et Oman n’y est pas présent. Par conséquent, nous ne pouvons renoncer au contrôle du détroit d’Ormuz. »
« L’approche militaire et diplomatique de l’Iran a changé »
Selon M. Rezaï, la stratégie de défense et la conduite diplomatique de l’Iran ont évolué à la suite de la récente agression américano-israélienne contre le pays, suivie d’une riposte déterminée iranienne et de la fermeture du détroit d’Ormuz.
L’Iran, a-t-il déclaré, intégrera les leçons de la guerre dans sa planification militaire future, poursuivra le développement de ses technologies et ajustera sa politique diplomatique en réponse aux violations des engagements américains.
« Certes, des changements seront apportés à la manière dont l’Iran gère et mène la guerre, ainsi qu’à sa conduite diplomatique. La raison en est claire : les Américains ont trahi les négociations et renié leur propre signature. »
Pour Mohsen Rezaï, l’approche actuelle des États-Unis traduit la volonté de Washington d’exercer une pression économique après l’échec de l’option militaire.
Il a réaffirmé l’engagement de Téhéran en faveur de la voie diplomatique, tout en soulignant que l’Iran aborderait différemment les prochaines négociations, au regard des manquements des États-Unis à leurs engagements.
« Nous prenons la diplomatie au sérieux, mais nous avons changé de méthode […] Nous attendons que [l’autre partie] honore ses engagements. Nous voulons la fin des guerres en Iran, au Liban, à Gaza et au Yémen », a déclaré le chef de la sécurité iranienne, faisant référence à l’insistance de la République islamique d’Iran sur la cessation des agressions sur tous les fronts.
L’Iran ne cherche pas la guerre, mais continuera de résister à ce qu’il considère comme une action hostile, a-t-il déclaré. « Nous ne sommes pas des bellicistes, mais nous ne capitulerons jamais. Nous sommes prêts à verser jusqu'à la dernière goutte de notre sang pour le peuple et l’Iran. »