Une quinzaine de Palestiniens sont confinés depuis près de deux semaines dans trois maisons de Qusra, encerclées par des colons israéliens, selon Middle East Eye.
L’armée israélienne contrôle les accès à la zone et a bloqué ou retardé plusieurs livraisons de nourriture, alors que les familles manquent également d’eau et de médicaments.
Depuis près de deux semaines, une quinzaine de Palestiniens, dont plusieurs enfants, restent confinés dans trois maisons de Qusra, au sud de Naplouse, encerclées par des colons israéliens. Selon un reportage publié par Middle East Eye (MEE), les familles commencent désormais à manquer de nourriture, tandis que leur accès à l’eau, aux médicaments et à leurs proches est fortement restreint.
Les événements ont commencé lorsque des colons ont installé un campement autour des habitations, après plusieurs mois de pressions visant les habitants. L’enjeu dépasse ces seules propriétés : la multiplication des avant-postes israéliens en Cisjordanie permet progressivement d’étendre la présence des colons autour des localités palestiniennes et d’intensifier la pression sur leurs habitants.
L’arrivée de l’armée israélienne n’a pas mis fin au siège. Le village a été déclaré zone militaire fermée et, selon les témoignages recueillis par MEE, les soldats contrôlent désormais les déplacements et l’acheminement de l’aide. Le maire, Abdul-Azim Wadi, affirme que plusieurs tentatives municipales de livraison ont été bloquées. Même un chargement de l’Unicef a dû attendre une journée avant d’être remis aux familles.
« Nous mourons de faim », témoigne Aisha Hassan auprès de MEE. Une autre habitante, Ruqaya Hassan, explique que personne ne peut entrer ni sortir sans coordination avec l’armée. Sa famille avait auparavant vu son approvisionnement en eau et en électricité coupé par les colons agresseurs.
L’affaire prend également une dimension internationale : l’une des maisons appartient à un américano-palestinien.
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Amnesty International estime que les événements survenus dans cette localité s’inscrivent dans une escalade plus générale des violences commises par des colons visant à déplacer les communautés palestiniennes.
Le cas de Qusra illustre ainsi un mécanisme devenu central en Cisjordanie occupée : l’implantation d’avant-postes, les violences contre les habitants et les restrictions militaires peuvent se conjuguer pour rendre progressivement certaines zones inhabitables, sans nécessiter l’expulsion formelle de leurs résidents.