Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à ses homologues grec et autrichien que l’Union européenne n’avait aucune « légitimité morale » pour donner des leçons à l’Iran sur les droits de l’homme, faisant référence au double discours des gouvernements européens concernant les crimes du régime israélien dans la région.
M. Araghchi a tenu ces propos jeudi lors d’entretiens téléphoniques séparés avec le ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, et la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger.
Lors de son entretien avec Gerapetritis, M. Araghchi a critiqué l’approche « hypocrite » de l’UE en matière de droits de l’homme. Il a notamment pointé du doigt le soutien apporté par certains pays européens à Israël et leur indifférence face aux massacres de Palestiniens et aux crimes de guerre commis au Liban et en Iran.
Il a rejeté les récentes déclarations de l’UE faisant état de prétendues violations des droits de l’homme en Iran. « L’Union européenne, compte tenu de son bilan en matière de droits de l’homme, n’a aucune légitimité morale pour donner des leçons aux autres », a-t-il déclaré.
Il a avancé un argument similaire lors de sa conversation avec Meinl-Reisinger, dénonçant la position passive de l’UE vis-à-vis d’Israël et le large soutien apporté par certains pays européens aux occupants des terres palestiniennes.
« Les politiques européennes contribuent à la perpétuation de l’occupation et du génocide perpétrés par Israël dans les territoires palestiniens », a affirmé Araghchi, appelant l’UE à reconsidérer son approche face à l’évolution de la situation en Asie de l’Ouest.
Il a également condamné la position « interventionniste » de l’UE à l’égard de l’Iran et son soutien aux éléments terroristes anti-iraniens.
Ces critiques interviennent alors que l’Union européenne, ainsi que quelques autres pays, dont le Canada, ont publié une déclaration commune intrusive et ont critiqué le recours à la peine capitale contre les émeutiers liés à l’étranger en Iran.
Les deux entretiens ont également porté sur la sécurité régionale et le détroit d’Ormuz.
Le ministre iranien a fait savoir que l’Iran et Oman menaient des discussions sur les mécanismes de gestion de la navigation future dans cette voie navigable stratégique et sur la détermination des routes de passage sûres pour les navires.
L’insécurité actuelle dans le détroit est le résultat d’une « agression illégale » des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, a-t-il souligné.
L’Iran s’est engagé de bonne foi dans le processus diplomatique et un mémorandum visant à mettre fin à la guerre a été signé le 18 juin, connu sous le nom de mémorandum d’entente d’Islamabad, a rappelé le chef de la diplomatie iranienne.
M. Araghchi a ajouté que Washington avait violé ce mémorandum en imposant un blocus maritime à l’Iran et en menant des attaques contre des cibles militaires et civiles, ce qui a exacerbé les tensions et l’insécurité dans le détroit d’Ormuz.
Lors de son entretien téléphonique avec Gerapetritis, M. Araghchi a souligné la détermination de l’Iran à défendre ses intérêts nationaux et sa sécurité.
Le ministre grec des Affaires étrangères a exprimé son soutien aux efforts diplomatiques visant à réduire les tensions et a proposé l’assistance technique et d’expertise de la Grèce.
Meinl-Reisinger a quant à elle souligné l’importance de rétablir la stabilité et la sécurité dans la région et de revenir à des conditions normales par le biais de solutions diplomatiques.
Les ministres iranien et européen ont également convenu de poursuivre les consultations et d’œuvrer à la préservation de leurs relations bilatérales de longue date.