Plus de 40 000 personnes subissent déjà des coupures d’eau au robinet en France en raison d’une sécheresse « précoce, généralisée, durable et particulièrement intense », a annoncé mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
« Toutes les régions sont désormais en niveau “crise” sur tout ou une partie de leur territoire », y compris les Hauts-de-France », a-t-elle précisé à l’issue d’un comité de suivi hydrologique. Des restrictions d’usage de l’eau sont ainsi appliquées dans l’ensemble des régions.
Estimant que le changement climatique « modifie profondément le cycle de l’eau en France », la ministre a averti que les conséquences de la sécheresse se prolongeaient au-delà de l’été et que de tels épisodes ne pouvaient plus être considérés comme exceptionnels.
Monique Barbut a demandé aux préfets de prendre les arrêtés de restriction nécessaires et de renforcer les contrôles. Un retour d’expérience sera organisé fin octobre afin de mieux anticiper les prochains étés.
La ministre a également évalué à 10 à 15 milliards d’euros les coûts directs et indirects de la canicule de 2026, citant une première estimation de l’Insee à prendre « avec précaution », l’épisode n’étant pas terminé. À titre de comparaison, la sécheresse de 2022 avait coûté 5,6 milliards d’euros, hors pertes liées notamment à la santé, au tourisme et à la baisse de productivité.
La chaleur continue parallèlement de gagner du terrain. Météo-France a placé 78 départements en vigilance orange canicule mercredi, avec des maximales comprises entre 36 et 39 °C. L’Aisne et l’Oise rejoindront jeudi le dispositif, portant à 80 le nombre de départements concernés.
Des températures de 38 à 40 °C sont notamment attendues du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, tandis qu’elles avoisineront 38 °C en Île-de-France. Mardi, le mercure avait atteint 40,6 °C à Sartène, en Corse.