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La mortalité infantile augmente en France, désormais 23e sur 27 en Europe

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Plus de quatre bébés sur 1.000 meurent en France avant leur premier anniversaire, un niveau au plus haut depuis 15 ans. ©AFP

La mortalité infantile augmente en France, désormais classée au 23e rang sur 27 en Europe. Plus de quatre bébés sur 1.000 meurent avant leur premier anniversaire, un niveau au plus haut depuis 15 ans. Le rapport pointe notamment les fragilités du système de santé. 

4,1 décès pour 1 000 nouveau-nés en 2024, soit un bébé sur 250 qui meurt avant son premier anniversaire, selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié discrètement mercredi 5 août, alors qu'il dormait depuis janvier 2026 dans les tiroirs du ministère de la Santé, a révélé l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné.

Cette progression de la mortalité infantile place la France parmi les plus mauvais élèves européens, au 23e rang sur 27, alors qu'elle tutoyait autrefois la tête du classement - 3ème entre 1996 et 2000.

Les auteurs du rapport pointent plusieurs variables pour expliquer ce phénomène, parmi lesquelles l’élévation de l’âge moyen des femmes enceintes (de 29,9 à 30,7 ans de 2010 à 2019), ainsi que la part des mères de 35 ans et plus (de 19,1 à 25,8 % sur la même période). « Il est en effet établi que le risque de complications et, notamment, de mortalité néonatale, augmente lorsque s’élève l’âge auquel les femmes sont enceintes et accouchent », écrivent-ils, avant d'ajouter que l’accroissement de la prévalence de pathologies maternelles, comme l'obésité, peut aussi amplifier les difficultés.

En outre, la précarité sociale et économique a un impact considérable sur la mortalité néonatale : de 2004 à 2022, parmi les mères actives, le taux de mortalité infantile varie en moyenne de 2,2 ‰ (2,2 décès pour mille naissances, NDLR) pour les cadres, à 3,5 ‰ pour les ouvrières et 3,6 ‰ pour les employées ; un taux encore plus élevé pour les femmes inactives ou celles dont la catégorie sociale est inconnue, avec 5,1 ‰.

La restructuration des maternités sans effet

Les auteurs du rapport nuancent néanmoins un point qui revient régulièrement dans le débat sur la mortalité infantile, et qui suscite la controverse : celui de l'impact de la fermeture de nombreuses « petites » maternités à la suite de deux décrets du 9 octobre 1998, afin d'améliorer, officiellement, « la sécurité de l’accouchement et la qualité de la prise en charge des nouveau-nés ». Si le nombre des maternités effectuant moins de 300 accouchements est ainsi passé de 80 en 1998 à 54 en 2000, puis à 15 en 2010, ces « restructurations de l’offre de soins ne semblent pas avoir eu d’effet notable sur les évolutions de la mortalité infantile (néonatale) depuis 2011 », assure l'IGAS.

Lire plus: France: plus de 2 000 enfants vivent dans la rue, 20% de plus que l'an dernier, selon l'Unicef France

De manière générale, les auteurs expliquent qu'il n'existe pas de modèle type d'organisations territoriales des maternités qui puisse être mis en avant pour établir un lien de causalité. « Si la Suède a, depuis longtemps, regroupé ses naissances dans des établissements de très grande taille avec un très bon résultat de mortalité infantile (2,1 ‰ en 2023), l’Italie, elle, avec un nombre important de maternités de petite taille pour beaucoup d’entre elles, obtient un résultat presque aussi satisfaisant (2,5 ‰ en 2023) », illustrent-ils. Même chose en France : dans des départements particulièrement bien dotés en maternités avec des capacités techniques importantes et où une part importante voire massive des accouchements ont lieu, on y enregistre pourtant « des résultats sanitaires dégradés ou même très préoccupants ».

Un plan stratégique de périnatalité

Selon l'IGAS, la lutte contre la mortalité infantile se joue alors à deux moments clés : pendant la grossesse, en prévenant, détectant et prenant en charge les situations à risque ; puis après l’accouchement, en assurant aux nouveau-nés qui en ont besoin une prise en charge adaptée en néonatalogie. Dans cette perspective, le rapport préconise d'améliorer le suivi des femmes enceintes, notamment par la désignation systématique d’un professionnel référent ou d’une maternité référente, mais aussi en ciblant les publics les plus vulnérables et les plus éloignés du parcours du soin, via des campagnes de communication et la systématisation d’équipes mobiles déployables dans tous les territoires.

Concernant la néonatalogie, l'IGAS recommande de renforcer le secteur, en agissant rapidement sur « le taux d’équipements en lits (avec un ratio minimal d’un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances) ». Elle souligne enfin la nécessité de redonner à la politique de périnatalité la priorité qu’elle a perdue au cours des deux dernières décennies, en mettant en œuvre un « plan stratégique de périnatalité 2027-2030 », avec un suivi effectif de celui-ci.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV