Alors que les approvisionnements mondiaux sont perturbés par le conflit en Asie de l'Ouest, la Commission de régulation de l'énergie annonce une hausse du tarif du gaz à la rentrée.
Une énième mauvaise nouvelle pour le portefeuille des Français. Le prix de référence du gaz va augmenter de 5,6% au 1ᵉʳ septembre, par rapport au mois d'août, en raison de l'augmentation des prix sur les marchés de gros, a indiqué à l'AFP la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Il s'établira à 172,05 euros TTC du mégawattheure en moyenne.
L'organisme affirme que cette hausse est « entièrement liée à l'augmentation des prix du gaz sur les marchés », alimentée par le conflit persistant en Asie de l'Ouest et les difficultés autour du détroit d'Ormuz, passage clé de l'économie mondiale. Sans une résolution rapide du conflit, la situation pourrait même s'aggraver ces prochains mois, avertit la CRE.
Le prix du gaz a presque doublé ces derniers mois
Depuis la disparition des prix réglementés du gaz, le « prix repère de vente de gaz (PRVG) » constitue une sorte de boussole du marché qui aide les fournisseurs à fixer le montant de leurs offres et les consommateurs à les comparer.
Ce prix passera à 172,05 euros TTC du mégawattheure en moyenne au 1er septembre, selon la gendarme du secteur de l'énergie, qui précise que cette hausse est « entièrement liée à l'augmentation des prix du gaz sur les marchés », alimentée par le conflit persistant en Asie de l'Ouest.
Déclenchée le 28 février par l'offensive des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, la guerre en Asie de l'Ouest a conduit Téhéran à bloquer le détroit d'Ormuz, axe stratégique par lequel transitent habituellement près de 20% du pétrole mondial et 20% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL), provoquant une chute brutale de l'approvisionnement et une flambée des prix des hydrocarbures.
L'indice TTF néerlandais, référence du gaz européen a quasiment doublé (+93,18%) depuis le début de la guerre, passant de 31,959 euros/MWh le 27 février, veille du déclenchement de la guerre, à 61,700 euros/MWh lundi vers 19H30 GMT.
Des stocks de gaz historiquement bas
Cette hausse intervient aussi au moment où les stocks de gaz en Europe sont à leur niveau le plus bas depuis 2009. Les réserves ne sont remplies qu’à 57% contre 74% d’ordinaire à cette période de l’année, d’après Gas Infrastructure Europe (GIE), l'association représentant les intérêts du secteur sur le continent européen.
L'Europe se retrouve ainsi pris en étau entre la situation géopolitique incertaine et la suppression progressive de ses contrats d'approvisionnement en GNL venant de la Russie dans le cadre de son plan REPowerEU, visant à s’autonomiser des approvisionnements énergétiques de son voisin de l’Est.