La grave pénurie de munitions provoquée par la guerre contre l’Iran a fragilisé les garanties de sécurité offertes par les États-Unis à leurs alliés en Asie, a rapporté samedi le New York Times, citant de hauts responsables.
La campagne lancée le 28 février par une attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran a épuisé les stocks de missiles de précision et d’intercepteurs coûteux, retardant les livraisons aux clients étrangers, notamment en Asie, où les impacts à long terme pourraient être les plus importants, indique le rapport.
Le rapport précise que des centaines d’intercepteurs ont été retirés de Corée du Sud et d’autres pays d’Asie pour protéger les bases américaines en Asie de l’Ouest.
Lors des frappes contre l’Iran, les États-Unis ont utilisé de nombreux missiles Tomahawk et d’autres missiles initialement réservés à un éventuel conflit avec la Chine au sujet de Taïwan, a rapporté le journal Times.
D’après le journal, certains responsables américains craignent que la Corée du Sud et le Japon ne commencent à douter de la capacité des États-Unis à les protéger, compte tenu des tensions avec la Chine et la Corée du Nord.
Les mêmes responsables ont indiqué que le redéploiement de navires, d’avions et d’unités de défense aérienne d’Asie de l’Est vers l’Asie de l’Ouest a eu des répercussions importantes sur la maintenance du matériel et le moral des troupes.
Plus de 1 500 intercepteurs Patriot ont été utilisés dans la guerre contre l’Iran, laissant moins de 1 700 unités dans l’inventaire américain, selon le Times.
Le président américain Donald Trump et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth ont fermement démenti toute pénurie, accusant les médias de diffuser de « fausses informations ». S’adressant aux journalistes à la Maison-Blanche cette semaine, Trump a prétendu que le pays disposait de stocks « illimités ».
Néanmoins, Trump a reproché à son prédécesseur, Joe Biden, d’avoir livré des armes à l’Ukraine « gratuitement », sous-entendant que les États-Unis en avaient besoin pour la guerre contre l’Iran. « Nous voulons aussi des missiles », a-t-il déclaré lorsqu’on lui a demandé s’il enverrait davantage de missiles de défense aérienne Patriot à l’Ukraine.