La Résistance islamique en Irak a annoncé ce vendredi 7 août avoir reporté une frappe de représailles prévue à la demande du haut responsable chiite Hadi al-Ameri, tout en insistant sur le fait que ce report n’entame en rien sa détermination à répondre à la récente attaque américano-saoudienne contre l’Irak.
La coalition regroupant les combattants antiterroristes irakiens a annoncé dans un communiqué avoir reporté une opération prévue pour vendredi, suite à une demande de Hadi al-Ameri et en soutien aux positions prises par plusieurs dirigeants politiques irakiens.
Dans un communiqué, la coalition a souligné qu’il s’agissait d’un report et non d’une annulation, déclarant que « le sang des martyrs ne sera jamais une marchandise à échanger sur le marché des calculs politiques ».
Le groupe a également adressé un avertissement à Washington et à ses alliés régionaux.
« L’ennemi américain et ses alliés doivent savoir que la souveraineté ne se restaure pas par des déclarations faibles et prudentes, mais par les poings des fidèles », a-t-on déclaré.
La Résistance islamique en Irak a également exhorté les personnalités politiques irakiennes « dont les positions et le pouvoir les ont détournées de la défense du sang des martyrs et de la souveraineté bafouée du pays » à reconsidérer leur position et à « revenir sur le droit chemin ».
Cette annonce est intervenue quelques heures après qu’al-Ameri, chef de l’Organisation Badr et l’un des dirigeants politiques chiites les plus influents d’Irak, a publiquement appelé la Résistance islamique en Irak à reporter « toute riposte » aux récentes frappes américano-saoudiennes contre des positions affiliées.
« J’appelle mes fils et frères de la Résistance islamique en Irak pour qu’ils reportent toute riposte à l’attaque américano-saoudienne qui a ciblé l’Irak, et qu’ils endurent patiemment ces blessures, pour l’intérêt supérieur de l’Irak », a déclaré al-Ameri dans un message vidéo.
Il a ajouté que « les droits des martyrs et des blessés seront défendus par des moyens diplomatiques ».
Ce retard fait suite à un ultimatum qui avait été lancé par la Résistance au gouvernement irakien pour qu’il prenne des mesures concernant les frappes.
La semaine dernière, des frappes américano-saoudiennes contre plusieurs quartiers généraux officiels des Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) irakiennes à Bagdad et dans cinq autres provinces ont tué au moins 20 membres et en ont blessé 32 autres.
L’Arabie saoudite a déclaré que ces attaques étaient une riposte à des attaques contre ses installations pétrolières; elle a en effet prétendu que ces attaques avaient été lancées depuis l’Irak, sans fournir de preuves.
Par ailleurs, Sabah al-Numan, porte-parole du commandant en chef des forces armées irakiennes, a déclaré vendredi que l’Arabie saoudite n’avait « pas encore fourni de preuves corroborant les allégations selon lesquelles son territoire aurait été attaqué ».
Les Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) ont joué un rôle majeur dans l’effort national depuis des années en Irak pour rétablir la sécurité après l’invasion du pays arabe par les États-Unis et leurs alliés en 2003.
L’organisation a vaincu avec succès des groupes terroristes opérant dans différentes régions d’Irak, tout en aidant le gouvernement central de Bagdad dans ses efforts de reconstruction d’après-guerre.