L’armée américaine recherche de toute urgence un intercepteur de missiles à faible coût pour contrer les petits drones, avec un objectif de coût de production inférieur à 150 000 dollars par unité afin de permettre un déploiement massif, selon un rapport de presse.
« Le coût de production des missiles devrait être inférieur à 150 000 dollars par missile pour une commande d’au moins 5 000 missiles », indique un document d’approvisionnement publié sur le site de l’Administration des services généraux des États-Unis (GSA), cité par RIA Novosti.
Selon les spécifications techniques, le nouvel intercepteur devra être capable de cibler de petits véhicules aériens sans pilote pesant entre 20 et 1 300 livres, avec une portée pouvant atteindre 15 miles.
Le système devra également pouvoir être lancé en moins de cinq secondes et s’intégrer parfaitement aux réseaux existants de défense contre les drones.
L’armée américaine estime que l’intercepteur sera prêt à être déployé rapidement après avoir atteint le niveau de maturité technologique requis à l'issue de la première série d'essais, prévue d'ici au 30 septembre 2027.
Cette course effrénée aux solutions de défense aérienne abordables et produites en grande quantité intervient alors que des rapports font état d’un affaiblissement important des capacités militaires américaines après plusieurs mois d’agressions contre l’Iran.
Il est vrai que ce conflit prolongé a entraîné Washington dans une guerre d’usure coûteuse, consommant d’importantes quantités de ses stocks de missiles avancés et suscitant de sérieuses inquiétudes quant à la capacité opérationnelle de l’armée américaine.
Un reportage de CNN publié mercredi indique que les États-Unis ont utilisé près de 80 % de leurs intercepteurs du système de défense antimissile THAAD et environ la moitié de leurs stocks de missiles Patriot depuis le début des hostilités.
De plus, les forces américaines auraient utilisé « pratiquement la totalité » de leurs stocks disponibles de systèmes de missiles tactiques à longue portée ATACMS (Army Tactical Missile System) et de missiles de frappe de précision PrSM (Precision Strike Missile).
Cette pénurie critique a placé les stocks de munitions du Pentagone à un niveau « dangereusement bas », alors que les capacités de réapprovisionnement restent nettement inférieures au rythme de consommation.
Les calendriers actuels de livraison montrent que le Pentagone ne reçoit qu’environ 20 nouveaux missiles Patriot par mois. Cette situation conduit des analystes à estimer qu’il pourrait falloir trois ans, voire plus, pour reconstituer les stocks de THAAD à leur niveau d’avant-guerre.
Cette grave contrainte logistique aurait commencé à influencer les calculs stratégiques américains, suscitant des inquiétudes parmi les alliés régionaux quant à la capacité de Washington à assurer une couverture de défense aérienne adéquate et forçant une réévaluation de toute nouvelle escalade militaire dans la région.