Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ont réduit la capacité disponible des navires transportant du gaz naturel liquéfié GNL, allongé les temps de trajet et poussé les coûts d'affrètement et de carburant maritime à leurs plus hauts niveaux depuis le pic de la crise énergétique de 2022.
Selon les données compilées par Anadolu à partir du dernier rapport sur le marché du gaz du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG / GECF), ces perturbations ont déclenché de fortes hausses des coûts d'affrètement de GNL, de carburant de soute et d'assurance contre les risques de guerre.
Le prix moyen du carburant de soute pour la flotte de méthaniers a bondi de 73 % d'un mois sur l'autre en mars pour dépasser les 800 dollars la tonne, son niveau le plus élevé depuis le pic de la crise énergétique de 2022.
Le détroit d'Ormuz constitue l'unique voie maritime d'exportation pour les expéditions de GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis, qui représentent à eux deux, environ un cinquième de l'offre mondiale de GNL.
À la suite de l'escalade du conflit en Asie de l'Ouest le 28 février, les exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis ont été quasi paralysées.
Le rapport du FPEG révèle qu'entre mars et juin, plus de 300 cargaisons qataries de GNL et une vingtaine de cargaisons émiraties ne sont pas parvenues aux marchés internationaux.
Environ 160 méthaniers se sont également retrouvés bloqués à l'intérieur du golfe Persique ou contraints de rester au mouillage dans le golfe d'Oman, limitant ainsi le nombre de navires disponibles sur le marché au comptant.
Les risques sécuritaires le long de la mer Rouge et du canal de Suez ont par ailleurs poussé les méthaniers à se dérouter vers le cap de Bonne-Espérance, une route maritime alternative majeure entre les océans Atlantique et Indien. Ce détour ajoute des milliers de milles nautiques aux trajets reliant l'Asie de l'Ouest aux marchés mondiaux.
Cet itinéraire plus long a ajouté entre 15 et 20 jours aux traversées habituelles entre le bassin atlantique et les marchés de l'Asie-Pacifique.
Flambée des taux d'affrètement et des coûts de carburant
Les taux d'affrètement journaliers au comptant pour les méthaniers à propulsion diesel-électrique tri-carburant (TFDE) ont explosé, passant de 5 000 dollars début février à 235 000 dollars début mars.
Les taux d'affrètement moyens des navires TFDE sont passés de 18 000 dollars par jour en février à 108 000 dollars en mars, tandis que les taux moyens pour les méthaniers plus anciens à turbine à vapeur sont passés de 3 000 à 50 000 dollars par jour.
Les primes d'assurance contre les risques de guerre, qui s'élevaient à environ 0,25 % de la valeur sur corps et machines du navire avant le conflit, ont bondi pour atteindre entre 5 % et 10 % pour les traversées via Ormuz.
Pour un méthanier évalué à 250 millions de dollars, le coût de l'assurance pour un seul transit a pu atteindre jusqu'à 25 millions de dollars.
Les coûts de livraison du GNL demeurent élevés
L'augmentation des frais d'affrètement, de carburant et d'assurance a logiquement fait grimper le coût de livraison du GNL vers les marchés de consommation.
Bien que les coûts d'affrètement et de carburant aient reculé par rapport à leurs pics du mois de mars, ils restaient en juin bien supérieurs aux niveaux enregistrés l'année précédente.