Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a dénoncé un « micro-État » régional, sans le nommer, mais faisant vraisemblablement allusion aux Émirats arabes unis (EAU), pour son rôle déstabilisateur dans le monde arabe et la région du Sahel en Afrique de l’Ouest. Il a réaffirmé la détermination de l’Algérie à défendre sa souveraineté face à ces actes déstabilisateurs.
Intervenant lors de son entretien périodique avec la presse nationale le lundi 27 juillet, Abdelmadjid Tebboune, s’en est pris vivement à la politique étrangère menée par Abou Dhabi, dénonçant un rôle destructeur. Sans nommer directement le pays, mais en multipliant les indices explicites, le chef de l’État algérien a déclaré que les actes de cet État avaient entraîné l’instabilité dans toute la région, décrivant son implication comme une source récurrente de conflits et de violences.
Tout ce que l’Algérie souhaite, c’est que cet État s’éloigne, « pour que le sang ne coule pas chez nous ». « Qu’ils soient pris en charge par l’ONU ou une autre partie, nous, c’est terminé. Nous avons des preuves, nous ne parlons pas dans le vide », a-t-il insisté.
Le dirigeant algérien a ensuite déclaré que son gouvernement avait fait preuve de retenue en maintenant les relations diplomatiques avec cet État malgré les ingérences répétées de celui-ci dans les affaires régionales.
« Il y a beaucoup de divisions dans le monde arabe et nous ne voulons pas aggraver la situation. Sinon, cela fait longtemps que nous aurions rompu nos relations avec ce micro-État, duquel il n’émane qu’humiliation et discorde », a-t-il asséné.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre l’Algérie et les Émirats arabes unis. Selon les médias algériens, Alger a entamé les démarches pour révoquer l’accord bilatéral sur les services aériens signé en 2013, une mesure qui pourrait entraîner la suspension des vols directs entre les deux pays. Des informations font également état d’une possible rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, bien qu’aucune décision officielle n’ait été annoncée.
Ce n’est pas la première fois que le président algérien dénonce publiquement l’action néfaste de cet État du golfe Persique. « Partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent, au Mali, en Libye, au Soudan… », a-t-il affirmé en mars 2024. Depuis, il a répété les mêmes griefs à l’égard d’Abou Dhabi à plusieurs reprises.
En conclusion de l’entretien, le président algérien a réaffirmé l’engagement de l’Algérie en faveur de la paix et de la stabilité régionales, soulignant que la politique de son pays est défensive et non conflictuelle.
Citant un proverbe arabe, M. Tebboune a déclaré : « Quand le danger grandit, on ferme la porte par laquelle entre le vent », illustrant ainsi la détermination de l’Algérie à préserver sa souveraineté et ses intérêts nationaux face aux ingérences extérieures.