Selon un rapport citant un responsable américain, l'Iran a démontré une capacité croissante à frapper des installations militaires américaines en Asie de l’Ouest en combinant des drones d'attaque et des missiles balistiques de pointe.
Ces propos ont été rapportés mardi par le média d'investigation The Intercept.
D'après ce rapport, la République islamique d’Iran a mené des frappes de représailles contre au moins neuf avant-postes militaires américains dans la région depuis le 9 juillet. Le responsable, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré que plusieurs de ces installations avaient subi des « dégâts importants ».
Le rapport souligne que des images divulguées, filmées sur la base aérienne jordanienne de Muwaffaq Salti, montrent des soldats américains se mettant à l'abri alors que les sirènes d'alerte retentissaient lors de frappes iraniennes de missiles balistiques et de drones les 17 et 18 juillet. Ces opérations ont coûté la vie à trois soldats américains stationnés sur la base.
Un responsable a déclaré au média que la République islamique d’Iran avait « submergé » les systèmes de défense aérienne américains en utilisant des drones d'attaque et des missiles balistiques de pointe.
Selon ce responsable, ces missiles sont difficiles à intercepter car ils se déplacent à des vitesses hypersoniques, sont dotés de systèmes de navigation avancés conçus pour contrer le brouillage électronique et peuvent, dans certains cas, modifier leur trajectoire après le lancement.
Le rapport indique également que la pénurie de missiles intercepteurs Patriot et THAAD a contraint les troupes américaines à économiser leurs munitions défensives.
L'article fait référence à des analyses antérieures montrant que les forces américaines et alliées ont utilisé plus de 11 000 munitions rien que durant les seize premiers jours de l'agression américano-israélienne massive et non provoquée qui a visé l'Iran du 28 février au 7 avril.
Il note les évaluations d'organismes de recherche en matière de défense qui alertent sur la réduction significative des stocks d'intercepteurs Patriot et THAAD et soulignent qu'il pourrait falloir plusieurs années pour les reconstituer.
Selon le rapport, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), qui supervise les troupes américaines déployées dans la région, a refusé de commenter ces évaluations ainsi que les déclarations des responsables iraniens soulignant l'ampleur des dégâts subis par l'armée américaine et les succès opérationnels de la République islamique d’Iran.
« Je n'ai rien à vous dire à ce sujet », a déclaré la commandante Emma Thompson, chef des opérations médias du CENTCOM.
« Nous ne commentons pas les évaluations des dégâts de combat », a-t-elle ajouté.
Les promesses du secrétaire américain à la Guerre « manifestement fausses »
Le rapport oppose les victoires opérationnelles de l'Iran aux « assurances » données précédemment par le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, qui avait déclaré devant la commission des forces armées du Sénat en avril que « le CENTCOM avait pris toutes les mesures possibles pour assurer la protection de nos troupes ».
Réagissant aux propos de Hegseth à l'époque, un responsable américain anonyme a déclaré que ses affirmations étaient « manifestement fausses ».
Le responsable a également évoqué les pertes subies précédemment à Port Shuaiba, au Koweït, où une frappe de drone menée le 1er mars avait mis en évidence des failles dans la protection aérienne.
L'article conclut en affirmant que des centaines de soldats américains avaient été tués ou blessés à la suite des représailles iraniennes depuis le début de cette agression non provoquée, ajoutant que les chiffres officiels du département de la Guerre américain concernant les pertes étaient largement sous-estimés.