Un article du Wall Street Journal révèle comment le déploiement par l’Iran de son puissant missile Kheibar Shekan pour frapper des bases américaines en Asie de l’Ouest ces derniers jours a mis en évidence les vulnérabilités des réseaux de défense à travers la région, tandis que Téhéran affine progressivement ses tactiques de frappe grâce aux opérations de combat en cours.
Publié en début de semaine, le rapport indique que le Kheibar Shekan est devenu un élément central de la stratégie balistique iranienne, représentant une menace durable et rentable pour les forces américaines et leurs alliés dans la région. Ce missile illustre la rapidité d’adaptation tactique de l’Iran.
Le quotidien décrit le Kheibar Shekan comme l’un des piliers de l’arsenal iranien, capable d’emporter une ogive manœuvrable conçue pour déjouer les systèmes de défense aérienne.
Ce missile balistique à moyenne portée, à propergol solide, est doté d’un système de guidage par satellite et affiche une portée d’au moins 1 450 kilomètres. Sa propulsion à propergol solide lui permet d’être déployé et lancé rapidement depuis des lanceurs mobiles.
Le Wall Street Journal souligne que cette conception constitue un avantage majeur par rapport aux anciens missiles à propergol liquide, qui nécessitent de longues opérations de ravitaillement en carburant liquide avant le lancement.
Selon le quotidien, certaines versions du Kheibar Shekan sont équipées d’un petit moteur intégré à l’ogive, permettant d’effectuer des changements de trajectoire durant la phase terminale du vol à des vitesses pouvant atteindre 9 600 km/h, ce qui complique davantage leur interception.
Le rapport ajoute que des opérations récentes démontrent que les forces iraniennes déploient le missile en salves de plus en plus sophistiquées, combinant des trajectoires de vol variées, des vitesses variables et des ajustements complexes de trajectoire.
Le Wall Street Journal estime que le missile Kheibar Shekan a probablement été utilisé lors d’une récente frappe contre la base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie, au cours de laquelle trois militaires américains ont été tués.
Selon le journal, les frappes réussies menées par l’Iran contre des bases américaines dans la région montrent que le pays conserve d’importantes capacités militaires, malgré plusieurs semaines de frappes américaines et israéliennes contre ses infrastructures militaires en mars et au début du mois d’avril.
Le rapport affirme également que l’Iran est parvenu à rétablir les opérations sur certaines de ses bases de missiles souterraines et à rouvrir les accès aux tunnels ainsi que les routes endommagées par les bombardements américains et israéliens.
Ces informations interviennent alors que plusieurs responsables militaires et gouvernementaux américains ont prétendu que les récentes attaques militaires contre l’Iran ont totalement détruit ses capacités balistiques et de drones.
Le Wall Street Journal estime toutefois que Téhéran tire les enseignements des attaques passées et adapte ses tactiques, notamment en combinant des drones rapides et des missiles balistiques relativement peu coûteux afin de saturer et de submerger les défenses aériennes adverses.
Enfin, le quotidien souligne qu’un missile Kheibar Shekan coûte une fraction du prix des intercepteurs américains et israéliens nécessaires pour le neutraliser, dont le coût varie entre 2 et 15 millions de dollars par lancement.
Cette asymétrie des coûts confère à la stratégie iranienne un avantage économique significatif, en rendant les attaques relativement peu onéreuses pour Téhéran tout en imposant des coûts très élevés à ses adversaires, conclut le Wall Street Journal.