Les prix des légumes ont fortement augmenté en 2026 par rapport à 2025, selon l’Observatoire des prix des fruits et légumes de Familles Rurales.
L'étude publiée jeudi 23 juillet et consultée par franceinfo, note une augmentation en un an de 10% des légumes en agriculture conventionnelle et 7% en bio. Parmi les hausses les plus importantes, les prix des courgettes ont augmenté de 32%, ceux des tomates de 31% et ceux des haricots verts de 24%.
L'envolée des prix des fruits et légumes est particulièrement marquée depuis dix ans. Depuis 2015, les prix des fruits frais ont progressé de 54% et ceux des légumes frais de 62%, contre 21% pour l'inflation générale. « Les fruits et légumes sont ainsi devenus l'une des catégories alimentaires dont les prix augmentent le plus rapidement, alors même qu'ils sont au cœur des recommandations de santé publique », dénonce Familles Rurales, alors que près d'un Français sur deux (55%) en milieu rural déclare renoncer à certains achats alimentaires faute de moyens.
Des productions perturbées par les aléas climatiques
Le prix moyen des fruits conventionnels s’établit à 4,33 euros le kilo en juin 2026, contre 6,96 euros kg pour les fruits issus de l’agriculture biologique. « L’écart se resserre donc nettement, mais le choix du bio demeure hors de portée de nombreux budgets », assure Familles Rurales. Les légumes ont davantage subi les conséquences des aléas climatiques. Les épisodes successifs de fortes pluies, de fraîcheur puis de chaleur ont perturbé les productions de pleine terre comme celles sous serre.
« S’agissant du bio, l’écart de prix avec le conventionnel se réduit, particulièrement pour les fruits, mais il demeure considérable », note Familles Rurales. En moyenne, les fruits bio coûtent encore 61% plus cher que les fruits conventionnels et les légumes bio 67% de plus. Pour une famille de quatre personnes, respecter les recommandations nutritionnelles avec un panier exclusivement biologique représente 265 euros par mois, contre 162 euros pour un panier conventionnel, soit 103 euros supplémentaires.
Des marges excessives en grande distribution
L'association dénonce la stratégie de la grande distribution de réduire ses marges sur des produits d'appel gourmands pour compenser sur le rayon primeur. Selon l’Observatoire de la formation des prix et des marges, en 2024, le rayon fruits et légumes de la grande distribution a généré environ 200 millions d’euros de résultat net après impôts, tandis que le rayon boulangerie-pâtisserie viennoiserie a enregistré une perte de 65 millions d’euros. « Autrement dit, les résultats dégagés sur des produits essentiels à notre santé contribuent en partie à compenser les pertes d’autres rayons », dénonce Familles Rurales. « Les produits que les pouvoirs publics recommandent de consommer quotidiennement ne devraient pas être ceux sur lesquels repose une part de la compensation des pertes d’autres rayons, alors même que leur accessibilité économique se dégrade », poursuit l'association. Selon Santé publique France, seuls 19% des hommes et 25% des femmes âgés de 18 à 85 ans ont déclaré, en 2021, consommer au moins cinq fruits et légumes par jour.
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Familles rurales appelle « les parlementaires à agir » et à soutenir la proposition de loi visant à garantir l'accès permanent à un panier diversifié de produits favorables à la santé vendus à prix coûtant. Cette mesure vise à supprimer la marge des distributeurs sur un nombre limité de produits essentiels et bons pour la santé. L'association veut aussi plus de transparence sur les prix des distributeurs. « On demande une transparence des marges, on veut comprendre », explique Guylaine Brohan, présidente de l’association Familles Rurales, jeudi sur franceinfo. « Il appartient désormais aux parlementaires de transformer ce constat en action », martèle Familles rurales qui appelle à « dépasser les clivages politiques ». « Quel que soit leur parti politique, on voudrait qu'ils comprennent l'importance de la santé », insiste Guylaine Brohan.