Des centaines de manifestants ont dénoncé la visite de l'ambassadeur américain Tilman Fertitta en Italie, tout en fustigeant les politiques du président americian, Donald Trump. Ils ont accueilli le yacht de luxe de l’ambassadeur américain avec des jouets gonflables, des ballons de plage et une pancarte où l’on pouvait lire « Venezia non si USA », un jeu de mots qui signifie « Venise n’est pas à utiliser ».
Quelques centaines de manifestants ont défilé, vendredi 17 juillet, pour protester contre l’arrivée de Tilman Fertitta, se heurtant brièvement aux unités antiémeutes à l’approche du yacht.
Les militants ont décrit sa visite comme une démonstration malvenue de richesse et d’influence américaines, à un moment où de nombreux Italiens estiment que l’administration Trump bouscule l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale.
Pendant la manifestation, les participants levaient les mains pour montrer qu’ils étaient pacifiques en s’approchant d’un double cordon de policiers antiémeutes. Les agents les ont repoussés à l’aide de boucliers après le refus des manifestants de s’arrêter, tandis que des jouets gonflables volaient dans les airs.
Après cette brève échauffourée, les manifestants ont lancé « Honte ! » à l’adresse de l’ambassadeur, du maire et de la police.
Fertitta est arrivé à Venise plus tôt vendredi et a amarré son yacht dans le bassin de Saint-Marc, dans le cadre d’une tournée de diplomatie côtière marquant le 250e anniversaire de l’indépendance américaine.
À son arrivée, les manifestants brandissaient des pancartes où l’on pouvait lire « Make America Read Again » et « Oligarch in saor », jeu de mots inspiré du plat vénitien traditionnel de sardines, les sarde in saor.
« C’est arrogant de penser qu’il peut faire ce qu’il veut dans une ville toujours davantage vendue à la monoculture du tourisme », a déclaré l’organisatrice Stella Morion à l’Associated Press.
Elle a ajouté que les manifestants s’opposent aussi à la politique étrangère du président Donald Trump, notamment aux frappes américaines contre l’Iran qui, selon elle, ont provoqué une flambée des prix de l’énergie. « C’est la énième gifle infligée à une ville et à tous les habitants de Venise qui peinent à boucler leurs fins de mois en raison de la hausse des prix provoquée par la guerre de Trump », a-t-elle estimé.