Les jours se suivent, et les alertes se multiplient. En France, le Haut-Commissariat au Plan alerte sur une trajectoire « non soutenable » de la dette publique et préconise un effort budgétaire massif de 140 milliards d’euros d’ici à 2031. Sans mesures fortes, le ratio de la dette publique pourrait atteindre jusqu’à 186 % du PIB en 2050.
Le rapport du Haut-commissariat au Plan dirigé par Clément Beaune, publié le 16 juillet, met en lumière l’urgence d’une consolidation budgétaire pour éviter un dérapage préoccupant des finances publiques françaises. Il dessine les contours des enjeux en matière de finances publiques pour les candidats à la présidentielle de 2027.
Sans action, les dépenses liées au vieillissement de la population, à la santé et aux engagements futurs pousseraient la dette à des niveaux insoutenables. Le document insiste sur le fait que les finances publiques françaises suivraient une trajectoire de dégradation préoccupante et non soutenable d’ici 2050.
À l’antenne de Sud Radio, le 17 juillet, le Haut-commissaire au Plan alerte : « Si on ne réforme pas, on aura une dette de 200 % du PIB en 2050. Pour éviter la perte de contrôle, il faut faire un effort ».
Le plan exige un redressement des comptes publics d’environ 4,4 points de PIB en cinq ans, soit près de 140 milliards d’euros par rapport à la trajectoire tendancielle. Cet effort s’ajoute aux investissements prioritaires, portant l’enjeu global à près de 200 milliards d’ici 2031.
Les auteurs identifient trois leviers principaux à combiner. D’abord, la baisse des dépenses, qui passera inévitablement par un examen rigoureux des dépenses sociales, notamment les retraites. Ensuite, l’augmentation des recettes via une lutte renforcée contre la fraude fiscale et une réduction des niches, tout en préservant les ménages vulnérables et l’activité économique. Enfin, des réformes structurelles pour doper la croissance, l’emploi et la productivité. Clément Beaune affirme ainsi, concernant la réforme des retraites : « On devra travailler plus. Même avec l’application de la réforme d’Élisabeth Borne, il y aurait un départ en retraite trois ans plus tôt que la moyenne européenne ».
Le gouvernement prépare déjà le budget 2027 avec une hausse très limitée des dépenses ministérielles (0,4 %), évoquant même une possible « année blanche ».
Le Haut-Commissariat au Plan plaide également pour une réforme de la gouvernance budgétaire, fondée sur une programmation davantage pluriannuelle, avec un rôle renforcé du Parlement et l’adoption de lois-cadres afin de garantir la soutenabilité des finances publiques à long terme. Face aux mises en garde répétées de la Banque de France et de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le temps presse, et les candidats à l’élection présidentielle de 2027 ne pourront faire l’impasse sur cette question brûlante.