TV
Infos   /   A La Une   /   Moyen-Orient   /   Amériques   /   L’INFO EN CONTINU

Téhéran : Washington a vidé de sa substance le mémorandum d’entente d’Islamabad

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, s’est exprimé ce lundi 13 juillet 2026 lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Téhéran. ©ISNA

Le mémorandum d’entente entre Téhéran et Washington est entré dans une phase de crise, après que les États-Unis ont violé les engagements qu’ils avaient pris, a dénoncé, ce lundi 13 juillet, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, avant de faire état de l’échec des discussions visant à établir un mécanisme garantissant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, en raison des pressions exercées par les États-Unis sur Oman.

S’exprimant lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Téhéran, M. Baghaï a averti que tout territoire utilisé pour lancer des attaques contre l’Iran fera l’objet d’une riposte.

« La République islamique d’Iran ne s’est jamais soustraite à ses engagements en premier » a indiqué le responsable iranien de haut rang avant de noter que Téhéran avait toujours mené les négociations avec rigueur, en veillant à préserver les intérêts nationaux.

« Une fois un accord conclu, Téhéran a systématiquement honoré ses engagements de bonne foi et avec le plus grand sérieux, à l’inverse des États-Unis, qui ont violé de manière répétée les dispositions de ce mémorandum d’entente », a-t-il déploré.

Washington s’est montré particulièrement pressé de sortir de ses engagements, au point de ne pas attendre même l’expiration du délai d’un mois établi par l’article 5 relatif au détroit d’Ormuz, a indiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. « Les Américains ont vidé de leur substance les différentes dispositions du mémorandum d’entente en 14 points », a-t-il poursuivi.

À ce propos, il est à noter que l’Iran et les États-Unis ont signé le mémorandum d’entente d’Islamabad, qui prévoit une cessation permanente des hostilités sur tous les fronts et engage les deux parties à poursuivre les négociations en vue de parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours. L’article 5, cité par M. Baghaï, confie explicitement à l’Iran la responsabilité de la réouverture et de la gestion du détroit d’Ormuz.

Dans un autre volet de ses propos, il a réagi aux déclarations faites par le président américain Donald Trump, selon lesquelles au cours des pourparlers à Mascate, les responsables iraniens auraient donné leur accord sur l’ensemble des dossiers, y compris la question nucléaire ainsi que le détroit d’Ormuz. « Le mensonge est devenu une composante du mode de fonctionnement des dirigeants américains », a-t-il affirmé.

Dans ce droit fil, M. Baghaï a précisé que les discussions tenues samedi à Mascate ont porté exclusivement sur le détroit d’Ormuz dans le cadre de l’article 5 du mémorandum d’entente, indiquant qu’aucune négociation concernant le programme nucléaire iranien n’avait eu lieu.

« Notre objectif, en coordination avec Oman, était de parvenir à un mécanisme garantissant la sécurité du passage des navires. Toutefois, en raison des pressions exercées sur Oman, ce mécanisme n’a pas pu être mis en place », a-t-il expliqué.

En tant qu’État ayant le littoral le plus long dans le détroit d’Ormuz et la mer d’Oman, l’Iran est en droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver ses intérêts nationaux, a-t-il martelé, en poursuivant que nous ne permettrons ni aux États-Unis ni au régime sioniste d’utiliser le détroit d’Ormuz pour porter atteinte à la sécurité et à la souveraineté nationale de notre pays.

D’après ces termes, c’est pourquoi nous avons insisté pour que la gestion du détroit demeure entre les mains de l’Iran, en concertation avec Oman, afin de garantir à la fois les intérêts iraniens et la sécurité du trafic maritime. Tout ce qui s’est produit relève de la responsabilité des États-Unis.

En ce qui concerne la sécurité régionale, M. Baghaï a affirmé que l’Iran n’a attaqué aucun pays de la région et n’avait pas l’intention de le faire, avant de mettre l’accent sur le fait que « les mots doivent être employés avec précision ». Il a ajouté que les frappes iraniennes visaient exclusivement les bases américaines et les installations utilisées pour mener des attaques contre l’Iran.

Le diplomate iranien a rappelé que Téhéran a à plusieurs reprises appelé les pays de la région à ne pas autoriser les États-Unis ni le régime israélien à utiliser leur territoire pour lancer des attaques contre la République islamique d’Iran, qualifiant cette exigence de principe du droit international et d’obligation pour les États concernés.

« Nous n’hésiterons pas à nous défendre. Toute partie de la région qui sera utilisée pour mener une agression contre l’Iran sera visée par les mesures défensives iraniennes », a-t-il affirmé.

Ailleurs dans ses remarques, Esmaïl Baghaï a déclaré que demeureront « un principe fondamental et une revendication nationale » la quête de justice et la vengeance du sang du Leader martyr de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, assassiné le 28 février 2026, premier jour de la guerre d’agression illégale menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que toutes les personnes qui ont perdu la vie lors des deux guerres imposées.

« Il ne fait aucun doute que la poursuite en justice des auteurs de ces crimes constitue un principe politique, moral et juridique fondamental », a-t-il précisé, soulignant que Téhéran recourt aux mécanismes juridiques internationaux et nationaux afin que les responsables de ces crimes odieux répondent de leurs actes.

En ce qui concerne les récentes déclarations de responsables américains et israéliens, M. Baghaï a déclaré : « Il est tout à fait effronté de la part de ceux qui sont responsables de la mort de milliers de personnes d’essayer aujourd’hui de se présenter comme des victimes. Ces manœuvres théâtrales ne tromperont personne et ne nous dissuaderont pas de poursuivre notre quête de justice.»

Interrogé sur une éventuelle acceptation par l’Iran de la demande de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant de nouvelles inspections des sites nucléaires endommagés iraniens, M. Baghaï a répondu brièvement : « Non ».

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV