Le représentant permanent de l’Iran auprès de l'ONU a averti que Téhéran ne respecterait plus le mémorandum d'entente d'Islamabad si les États-Unis continuaient de violer leurs engagements. Selon Téhéran, Washington poursuit ses frappes contre le territoire iranien tout en réimposant des sanctions pétrolières, en violation des dispositions de ce mémorandum.
Dans une déclaration faite vendredi aux journalistes devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadeur permanent de l’Iran auprès des Nations unies, Amir Saeed Iravani, a affirmé que les États-Unis avaient violé à plusieurs reprises le mémorandum d'entente, notamment en menant des attaques militaires de grande ampleur contre des îles iraniennes et des villes du sud de l'Iran les 7 et 8 juillet.
Ces nouvelles attaques constituent, selon lui, une « violation flagrante » de la Charte des Nations unies ainsi qu'une violation substantielle de la première clause du mémorandum d'entente, qui engage les États-Unis à mettre fin à toute action militaire contre l'Iran.
« Compte tenu des violations persistantes et continues par les États-Unis de leurs obligations internationales, si Washington continue de manquer à ses engagements au titre du mémorandum d'entente, l'Iran ne sera plus tenu de remplir ses obligations en vertu dudit mémorandum », a déclaré M. Iravani.
Cet avertissement est intervenu à la suite d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée au dossier nucléaire iranien, convoquée à la demande des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France. Selon l'Iran, la Russie et la Chine, cette réunion était dépourvue de fondement juridique, la résolution 2231 ayant expiré le 18 octobre 2025.
« La résolution 2231 a expiré le 18 octobre 2025. À compter de cette date, elle a cessé d'avoir toute base juridique et tout effet opérationnel », a déclaré M. Iravani, remerciant la Russie et la Chine de s'être opposées à cette réunion, ainsi que le Pakistan et la Somalie de s'être abstenus.
Il a rejeté les « allégations à motivation politique » formulées par la Troïka européenne et les États-Unis au sujet du programme nucléaire pacifique iranien, rappelant que l'Iran est partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) depuis 1970.
« La cause profonde de la situation actuelle réside dans le retrait illégal des États-Unis du Plan global d'action conjoint (PGAC) en 2018, le non-respect persistant des engagements de la Troïka européenne et les attaques militaires illégales menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran », a-t-il expliqué.
Le groupe E3 (Royaume-Uni, France et Allemagne), soutenu par les États-Unis, continue d'exiger que l'Iran accorde à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) un « accès complet » à ses sites nucléaires touchés lors des attaques israélo-américaines contre l’Iran.
En réponse, les autorités iraniennes ont fermement exclu tout accès immédiat aux sites nucléaires visés, soulignant que cette question ne pourrait être examinée que dans le cadre d'un accord.
Violations du mémorandum d'entente par les États-Unis
Depuis la signature du mémorandum d'entente, les États-Unis ont mené plusieurs vagues de frappes contre l'Iran.
Le 7 juillet, le Commandement central américain (CENTCOM) a affirmé avoir frappé plus de 80 cibles iraniennes, notamment des systèmes de défense aérienne, des sites radar côtiers et plus de 60 embarcations du CGRI, en réponse à ce que les États-Unis prétendent être des attaques iraniennes contre trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz.
Washington a également révoqué une licence autorisant l'Iran à exporter son pétrole.
En réponse, le CGRI a frappé 85 cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, dont le quartier général de la Cinquième flotte américaine et la base aérienne Ali Al Salem.
M. Iravani a également souligné qu'en vertu du mémorandum d'entente, la responsabilité de la navigation dans le détroit d'Ormuz incombe exclusivement à l'Iran. Toute tentative d'ingérence de la part d'acteurs extérieurs constituerait, selon lui, une violation de l'accord et risquerait d'accroître les tensions dans la région.
Il a réaffirmé que l'Iran resterait attaché au mémorandum d'entente, « à condition que les États-Unis respectent pleinement et fidèlement leurs propres engagements ».
Pour rappel, l'Iran et les États-Unis ont signé un accord de cessez-le-feu, négocié par le Pakistan, au début du mois d'avril.
Le 17 juin, les deux pays ont conclu un mémorandum d'entente en 14 points, définissant une feuille de route en vue d'un accord de paix définitif.
Cet accord prévoyait notamment la levée du blocus naval américain dans un délai de 30 jours, l'accès de l'Iran à ses avoirs gelés ainsi qu'une période de 60 jours destinée à négocier un accord de paix final.