Les députés irlandais ont adopté mardi un projet de loi interdisant l'importation de biens provenant des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, une mesure qui doit encore être approuvée par la chambre haute du Parlement.
Le texte interdit l'importation de produits agricoles, industriels et d'autres biens issus des colonies, mais ne s'applique pas au commerce des services. Le gouvernement irlandais estime que cette législation constitue une « obligation au regard du droit international », à la suite de l'avis consultatif rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ), selon lequel l'occupation israélienne des territoires palestiniens est contraire au droit international.
Les amendements déposés par l'opposition de gauche pour étendre l'interdiction aux services, notamment dans les secteurs du tourisme et des technologies, ont été rejetés. Le gouvernement a invoqué les « énormes défis » posés par le droit européen et le caractère « inapplicable » d'une telle mesure pour un secteur très diversifié.
L'impact économique devrait rester limité, les échanges entre l'Irlande et les colonies israéliennes ayant représenté moins d'un million d'euros entre 2020 et 2024.
L'Irlande devient ainsi le deuxième État membre de l'Union européenne, après l'Espagne, à adopter une telle mesure. Madrid avait interdit en octobre 2025 les importations de produits provenant des colonies israéliennes à Gaza et en Cisjordanie, provoquant de fortes tensions avec Israël.
Avec l'Espagne, l'Irlande figure parmi les pays européens les plus critiques de la guerre génocidaire israélienne dans la bande de Gaza. Dublin avait reconnu l'État de Palestine en mai 2024, en même temps que Madrid et Oslo, entraînant des représailles israéliennes.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, où vivent plus de 500.000 occupants israéliens illégaux, tandis que 250 000 autres vivent dans des colonies construites sur des terres palestiniennes à Qods-Est occupée.
À la mi-juin, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avait annoncé qu'elle demanderait de nouveau à la Commission européenne d'examiner d'éventuelles sanctions contre les exportations issues des colonies israéliennes. Soutenue par plusieurs États membres, cette demande n'a jusqu'à présent pas été suivie d'effet.