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L’Iran rejette les accusations des États-Unis et de Bahreïn et dénonce une session provocatrice de l’ONU

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le représentant permanent de l’Iran auprès de l'ONU, Amir Saïd Iravani. (Archives)

L’ambassadeur de l’Iran auprès des Nations unies a vivement critiqué la réunion d’urgence du Conseil de sécurité convoquée à la demande de Bahreïn, exhortant les quinze membres du Conseil à éviter toute action susceptible de compromettre les fragiles efforts diplomatiques avec Washington, tout en avertissant que les États du golfe Persique accueillant des bases américaines étaient devenus des cibles vulnérables.

Le représentant permanent de la RII auprès des Nations unies, Amir Saïd Iravani, a déclaré, lors de cette réunion d’urgence jeudi, que le Conseil de sécurité devait s’abstenir de convoquer une session, qui « risque de compromettre » les discussions techniques en cours consacrées à la mise en œuvre du mémorandum d’entente d’Islamabad.

« Alors que les discussions techniques, facilitées par nos frères pakistanais et qataris, sont axées sur la mise en œuvre du mémorandum d’entente d’Islamabad, le Conseil de sécurité devrait s’abstenir de convoquer une réunion susceptible de compromettre ces efforts en cours. »

Cette réunion d’urgence a été demandée par Bahreïn à la suite de frappes iraniennes contre des installations militaires américaines dans cette monarchie du golfe Persique et au Koweït. Bahreïn, qui accueille la Cinquième flotte de la marine américaine, a servi de base stratégique à l’agression américaine contre l’Iran tout au long de la guerre.

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif ben Rashid Al-Zayani, a dit devant le Conseil que Bahreïn avait été la cible de centaines d’attaques depuis février, prétendant que celles-ci visaient délibérément des infrastructures civiles.

M. Iravani a rejeté ces accusations et a insisté sur la cause profonde de la crise à savoir l’agression militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Il a cité la résolution 3314 de l’Assemblée générale de l’ONU, qui la définit comme un acte d’agression. »

 « Le fait, pour un État, de permettre à un autre État d’utiliser son territoire, qu’il a mis à sa disposition, pour perpétrer un acte d’agression contre un État tiers constitue un acte d’agression », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Il ne fait aucun doute que certains pays de la région, dont Bahreïn, ont facilité cette agression en autorisant les agresseurs à utiliser leur territoire et leur espace aérien. Leur responsabilité internationale, au même titre que celle des États-Unis et du régime israélien, est claire et indéniable. »

Il a averti les États limitrophes du golfe Persique que « la présence de bases et de forces américaines sur leur territoire non seulement ne leur apporte pas la sécurité, mais les rend également vulnérables ».

Cette réunion du Conseil de sécurité s’est tenue au lendemain d’un dialogue régional sur la sécurité organisé par le Commandement central américain à Bahreïn. Elle a réuni de hauts responsables militaires de douze pays, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït ainsi que, pour la première fois, la Syrie et le Liban.

M. Iravani a qualifié ces réunions de provocations, affirmant que les États-Unis « n’ont aucune frontière côtière dans notre région. Ce ne sont pas leurs eaux. Ce n’est pas leur région ».

« Définir et mettre en place un régime de sécurité pour notre région relève de la responsabilité conjointe et exclusive des pays de la région. Les États-Unis et les autres acteurs, plutôt que de maintenir une présence militaire destructrice ou de s’ingérer dans les affaires régionales, doivent soutenir les pays de la région pour remplir cette responsabilité. »

Malgré une profonde méfiance envers les États-Unis, alimentée par leurs violations répétées et leur « trahison de la diplomatie », M. Iravani a déclaré que l’Iran s’était engagé de bonne foi dans la voie diplomatique, à travers des négociations facilitées par le Pakistan et soutenues par le Qatar, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Chine et la Russie, aboutissant à la signature du mémorandum d’entente le 17 juin 2026.

Il a réaffirmé l’engagement de l’Iran à mettre en œuvre le mémorandum d’entente, y compris les dispositions relatives au détroit d’Ormuz, à condition que les États-Unis respectent pleinement leurs propres obligations.

« La responsabilité de la gestion de la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz, y compris sa réouverture et toutes les opérations de déminage nécessaires, incombe exclusivement à l’Iran », a-t-il réitéré.

Il a appelé tous les États, en particulier les États-Unis, à « respecter de bonne foi la lettre et l’esprit du mémorandum d’entente et à s’abstenir de réinterpréter son contenu ou de recourir à toute action susceptible d’entraver sa mise en œuvre ».

M. Iravani a réaffirmé que la priorité devait être la pleine mise en œuvre du mémorandum d’entente et la poursuite des négociations en vue d’un accord global.

« Le Conseil de sécurité devrait soutenir ce processus, encourager le plein respect du mémorandum d’entente et s’abstenir de toute action provocatrice susceptible de compromettre la diplomatie ou d’aggraver les tensions », a-t-il préconisé.

Avant la clôture de la réunion, les représentants de Bahreïn et des États-Unis ont de nouveau pris la parole, alléguant que Téhéran a arrêté le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et pris l’économie mondiale en otage.

Lire aussi: « Les États-Unis doivent rendre des comptes pour leur ingérence et leur soutien au terrorisme en Iran » (Araghchi)

En réponse aux États-Unis, M. Iravani a déclaré : « Vous étiez en guerre contre l’Iran. Pourquoi avez-vous empêché les navires internationaux d’accéder aux ports iraniens ? Vous ne pouvez pas le démentir. »

« Le fait est que 70 % des Américains et des contribuables s’opposent à la politique de guerre de votre administration à l’égard de l’Iran », a-t-il noté. Et de conclure : « En Iran, la réalité des relations entre l’État-nation se manifestera également lors des funérailles du Leader de la Révolution islamique, qui auront lieu la semaine prochaine. Vous pouvez fermer les yeux et les oreilles, mais vous ne pouvez pas changer la vérité. »

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SOURCE: FRENCH PRESS TV