Il y a 39 ans, Sardasht, dans le nord-ouest de l’Iran, devenait la première ville au monde à subir un bombardement chimique massif contre sa population civile après la Seconde Guerre mondiale. Ce crime demeure une blessure ouverte dans la mémoire de l’humanité. Les victimes attendent toujours que justice soit rendue et que la vérité ne soit jamais effacée.
Se souvenir, c’est refuser l’oubli. L’Iran a donc commémoré le 39e anniversaire du bombardement chimique de Sardasht, l’un des crimes les plus atroces du XXe siècle. Il a réitéré son appel à la justice contre les auteurs de ce massacre et leurs soutiens occidentaux qui ont fourni à Saddam Hussein la technologie et la couverture politique nécessaires pour perpétrer ce massacre.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a écrit dimanche sur X : « Il y a trente-neuf ans jour pour jour, les habitants sans défense de Sardasht ont été victimes de l’un des crimes les plus horribles du siècle, perpétré au moyen d’armes chimiques », rappelant au monde que l’attaque de 1987 contre cette ville avait été rendue possible grâce au « soutien technique et technologique, et surtout au soutien politique » des pays occidentaux, notamment l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, au régime déchu de Saddam Hussein.
Pourquoi les pays occidentaux n’ont-ils jamais été amenés à rendre des comptes pour leur soutien au programme chimique de Saddam ? Le massacre de Sardasht n’illustre-t-il pas la nécessité de mettre fin à l’impunité des États ayant contribué à l’emploi d’armes chimiques contre des civils ?
L’analyse et la réaction de Bernard Cornut, spécialiste français du Moyen-Orient.