L’Iran a mis en garde les navires opérant dans le détroit d’Ormuz contre l’utilisation de trajets non approuvés par ses autorités maritimes. Les navires empruntant des voies non autorisées ne bénéficieront d’aucune garantie de sécurité ni de couverture d’assurance, tandis que Téhéran et Oman ont convenu d’entamer des discussions sur la future administration de cette voie maritime stratégique.
L’Autorité du détroit du golfe Persique (PGSA) a déclaré jeudi dans un communiqué que tout transit en dehors des trajets approuvés serait considéré comme non autorisé, et que la responsabilité des conséquences incomberait au propriétaire, à l’exploitant et au capitaine du navire.
« Les conséquences du transit par des voies non autorisées seront à la charge du propriétaire, de l’exploitant et du capitaine du navire », indique le communiqué de la PGSA.
L'Iran a lancé cet avertissement au moment où l’Agence britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a signalé qu’un cargo avait été touché à environ 7,5 milles nautiques au sud-est d’un port omanais.
Le capitaine n’a signalé aucune victime ni aucun impact environnemental à la suite de l’attaque, bien que la coque du navire ait subi des dommages matériels causés par un projectile non identifié.
Cet incident survient après que plusieurs pétroliers et navires commerciaux ont, selon Bloomberg, modifié leur cap à l’entrée du détroit d’Ormuz pour des raisons de sécurité. Au moins trois navires, dont deux grands pétroliers, ont dévié de leur route et interrompu leur passage.
Ces développements coïncident avec un entretien téléphonique qualifié de « productif » entre le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et son homologue omanais, Badr bin Hamad al-Busaidi, au cours duquel les deux parties ont convenu d’engager des discussions en vue d’établir un cadre pour la future administration et les services maritimes du détroit.
M. Araghchi a déclaré que les deux pays étaient déterminés à faire progresser ce processus « en coordination et en consultation avec les États voisins ».
« Nous avons réaffirmé que l’Iran et Oman poursuivront le dialogue afin de définir la future administration et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz. Nous sommes déterminés à le faire en concertation avec nos voisins », a-t-il écrit sur X.
Cette initiative fait suite aux récents échanges diplomatiques entre Téhéran et Mascate et témoigne de la volonté des deux voisins de renforcer leur coopération régionale en matière de gestion de cette voie navigable vitale, par laquelle transite quotidiennement une part importante des cargaisons énergétiques mondiales.
L'Autorité du détroit du golfe Persique (PGSA), créée le mois dernier par l’Iran pour superviser les nouvelles procédures de transit dans le détroit, a rendu obligatoire un système d’autorisation en ligne exigeant que tous les navires souhaitant transiter y enregistrent leurs demandes de passage via son site web officiel.
Elle a également imposé un préavis d'arrivée de 48 heures à tous les navires s'approchant de la voie navigable.
Cela survient alors que la PGSA avait déjà averti que tout passage par le détroit d’Ormuz sans autorisation des autorités iraniennes serait considéré comme « illégal ».
L’Iran a toujours soutenu que la sécurité et l’administration des voies navigables régionales devaient être assurées par les pays de la région, sans ingérence étrangère.
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L’Iran et Oman, qui partagent des côtes le long du détroit, ont réaffirmé leur engagement à garantir un passage sûr dans cette voie navigable conformément au droit international, tout en soulignant « leur souveraineté et leurs droits souverains sur leurs eaux territoriales dans le détroit ».
Plus tôt cette semaine, le ministre omanais des Affaires étrangères a déclaré que les futurs accords relatifs au détroit n’impliqueraient aucun droit de transit, réaffirmant ainsi l’engagement de Mascate à maintenir un passage libre et sûr.