L’armée israélienne a procédé à une vingtaine de nouvelles frappes sur le sud du Liban et l’est de la vallée de la Bekaa, en dépit du cessez-le-feu annoncé vendredi. Elles ont fait ont au moins 29 morts.
L’agence de la Défense civile libanaise a indiqué qu’une série de frappes israéliennes menées ce samedi 20 juin dans le district de Nabatieh, au sud du Liban, a fait 16 morts et 12 blessés ajoutant que ses équipes étaient mobilisées depuis l’aube pour faire face aux attaques en cours.
Une frappe aérienne israélienne contre le village de Barish, situé dans le district côtier de Tyr, a entraîné la mort de quatre membres d’une même famille. L’Agence nationale d’information libanaise (ANI) a qualifié cette attaque de « massacre ».
L’ANI a aussi rapporté qu’au moins sept personnes ont été tuées et treize autres blessées lors d’une attaque israélienne contre un village situé près de la ville méridionale de Saïda.
Un autre Libanais a été tué dans la municipalité de Shehour, dans le district de Tyr, tandis qu’une victime a été recensée dans la localité de Sohmor, située dans la Bekaa occidentale, à l’est du Liban.
Dans un communiqué publié sur X, l’armée libanaise a annoncé qu’un de ses officiers a été tué lors d’une frappe aérienne israélienne sur la route reliant Kfar Roummane à Nabatieh.
« Il est devenu évident que les agressions israéliennes brutales et continues visent à entraver toute solution susceptible de favoriser le rétablissement de la stabilité au Liban », a peut-on lire dans le communiqué de l’armée libanaise.
De son côté, l’armée israélienne a prétendu avoir visé le Hezbollah après des tirs de projectiles contre des forces israéliennes déployées dans le sud du Liban au cours de la nuit.
Cependant, le Hezbollah a indiqué que ses combattants ont affronté des forces israéliennes pendant la nuit alors que celles-ci tentaient de s’infiltrer dans les collines stratégiques dominant Nabatieh.
« Une fois de plus, sous couvert du cessez-le-feu, l’ennemi a tenté, la nuit dernière, de s’infiltrer dans les collines d’Ali Taher », a indiqué le Hezbollah dans un communiqué, ajoutant que ses combattants ont tendu une embuscade aux troupes israéliennes et les ont « affrontées avec des armes appropriées ».
À ce propos, Hassan Fadlallah, député libanais affilié à l’aile politique du Hezbollah, a déclaré ce samedi que le mouvement de résistance avait le droit de répondre aux attaques israéliennes, estimant que tout cessez-le-feu resterait « dénué de sens » tant qu’Israël continuerait d’occuper des territoires libanais.
Il a souligné qu’Israël doit respecter pleinement l’accord de cessez-le-feu en s’abstenant d’attaquer le territoire libanais ou de s’emparer de nouvelles positions.
« La Résistance a le droit de faire face à cet ennemi lorsqu’il nous attaque, car il est l’agresseur et l’occupant », a-t-il conclu.
Dans le même temps, l’organisation médicale Médecins sans frontières (MSF) a indiqué que la situation dans la région de Nabatieh, soumise à des attaques israéliennes continues, s’apparentait à un « piège mortel ».
MSF a indiqué prendre en charge un afflux de victimes des attaques à Nabatieh, parmi lesquelles figurent des secouristes blessés au cours des opérations de sauvetage.
L’association a également averti que les équipes de secours n’ont pas été en mesure d’évacuer de nombreuses autres personnes piégées sous les bombardements intenses, en raison du risque d’être elles-mêmes prises pour cible.
« Des personnes arrivent avec de graves traumatismes crâniens, d’importantes hémorragies, des blessures causées par des éclats d’obus et nécessitant des amputations », a déclaré Pierre Boulet-Desbareau, coordinateur des urgences de MSF au Liban.
« La situation actuelle à Nabatieh est catastrophique. Ce que nos équipes observent ressemble à un piège mortel. Des personnes sont prises sous d’intenses bombardements, tandis que les équipes de secours ne peuvent pas les atteindre en toute sécurité. Les civils et les primo-intervenants doivent être protégés, et un accès immédiat et sans entrave doit être garanti aux équipes de secours », a-t-il poursuivi.
Malgré l’annonce faite tard vendredi par le président américain Donald Trump, selon laquelle Israël avait accepté un cessez-le-feu avec le Hezbollah, l’armée du régime a poursuivi ses attaques contre le sud du Liban samedi.
L’intensification des attaques israéliennes contre Nabatieh et plusieurs autres zones dans le sud du Liban intervient alors que des discussions entre les États-Unis et l’Iran doivent se tenir en Suisse afin de finaliser un accord de paix intérimaire.
Mercredi, le président iranien Massoud Pezeshkian et le président américain Donald Trump ont officiellement signé le mémorandum d’entente d’Islamabad. Le document, composé de 14 points, prévoit une cessation permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, des dérogations concernant les exportations de pétrole, la levée du blocus naval américain contre l’Iran dans un délai de 30 jours, ainsi que le rétablissement du trafic commercial dans le détroit d’Ormuz.
Cependant, des membres du cabinet israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en particulier ceux issus des factions d’extrême droite, ont rejeté l’idée de lier l’accord avec l’Iran à l’arrêt des offensives militaires au Liban ou à l’octroi de concessions sécuritaires, insistant sur la poursuite de l’occupation israélienne dans le sud du Liban.