Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a mis en garde contre un risque de forte aggravation du déficit public si le budget de l'État pour 2027 n'est pas adopté avant février de la même année, rapporte la presse française.
S'exprimant devant des représentants du Mouvement des entreprises de France (Medef), le Premier ministre français a estimé qu'un retard dans l'adoption de la loi de finances pourrait avoir des conséquences importantes sur les comptes publics. Selon le quotidien économique Les Échos, il a indiqué que, faute d'accord budgétaire avant février, la finalisation du texte pourrait être repoussée jusqu'à l'automne 2027, après l'élection présidentielle et les éventuelles élections législatives qui suivraient.
Une telle situation « conduirait à un déficit à 6 ou 7 % » du produit intérieur brut (PIB), contre un objectif de 5 % fixé pour 2027. Le déficit public s'était établi à 5,1 % du PIB en 2025.
Le Premier ministre a également invité les responsables du Medef à « questionner et challenger » les candidats à l'élection présidentielle sur la manière dont « ils financent tout le sucré qu'ils promettent ».
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des finances publiques. Dans un courrier adressé récemment à ses ministres, Sébastien Lecornu les avait appelés à limiter les dépenses de leurs administrations.
Toujours dépourvu de majorité à l'Assemblée nationale, le gouvernement souhaite préparer le budget 2027 « le plus en amont possible » et semble écarter le recours à une loi spéciale. Ce dispositif permet pourtant d'assurer la continuité de l'État en l'absence de budget voté, notamment en reconduisant certaines recettes et en autorisant les dépenses indispensables.
Pour le Premier ministre, « une loi spéciale n'est pas un budget et n'est pas la reconduction non plus du budget précédent ». Il estime dès lors que l'adoption d'un véritable budget avant février constitue une condition essentielle pour maintenir la trajectoire de redressement des comptes publics.
Sébastien Lecornu considère par ailleurs que « les gels, les rabots, la mise sous pression de l'État (...) ont épuisé leurs effets » et plaide désormais pour des « réformes structurelles », même « modestes ». Il continue de rejeter toute hausse d'impôts ainsi que les dispositifs assimilés à une « année blanche », consistant à geler les crédits publics.
Le gouvernement entend notamment concentrer ses efforts sur l'assurance maladie. Le déficit de la Sécurité sociale pour 2026 a été réévalué à 23,2 milliards d'euros, soit 0,8 point de PIB, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale.
Dans ce cadre, l'exécutif souhaite ouvrir le débat parlementaire sur plusieurs pistes d'économies, parmi lesquelles le remboursement de médicaments jugés peu utiles et le coût des arrêts maladie, présenté par le Premier ministre comme la « mère de toutes les batailles ».