La République islamique d’Iran a vivement critiqué l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour sa prise de position politisée, affirmant que si l’Agence souhaite prendre part à une solution diplomatique, elle doit s’abstenir de transformer ses rapports techniques en un instrument de pression politique.
Dans un message publié ce samedi 6 juin sur son compte X, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a réagi au dernier rapport de l’AIEA ainsi qu’aux déclarations de son directeur général, Rafael Grossi, sur un manque d’accès à un certain nombre des installations nucléaires ayant subi des dommages, sur l’état des stocks d’uranium et sur la question d’une rupture de la transmission des informations concernant le programme nucléaire iranien.
« M. Grossi évoque une "ambiguïté", un "manque d’accès" et une "perte de continuité des connaissances". Or, cette situation n’est pas apparue ex nihilo », a-t-il écrit, rappelant que les installations nucléaires placées sous l’accord des garanties ont été la cible d’attaques militaires américano-israéliennes.
Le directeur général de l’AIEA, qui a démontré qu’il était totalement aligné sur les positions des États-Unis et de l’Occident, n’a malheureusement jamais condamné ces attaques, toujours selon ce message, dans lequel M. Gharibabadi a souligné : « On ne peut ignorer l’origine de la perturbation puis utiliser les conséquences de cette même perturbation à charge contre l’Iran ».
Faisant référence aux frappes américano-israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes pendant la guerre des Douze jours, Kazem Gharibabadi a écrit qu’une telle attaque ne constitue pas seulement une violation de la souveraineté de l’Iran ; elle porte également un coup direct à la sûreté nucléaire, au système de garanties et à la crédibilité du régime de non-prolifération.
L’AIEA ne peut à la fois rendre compte des conséquences d’une attaque militaire, passer sous silence la responsabilité de ses auteurs et demander à l’Iran d’assumer le coût technique et politique de l’insécurité créée par les agresseurs, a-t-il poursuivi, en affirmant que cela ne relève ni de la vérification ni du renforcement de la confiance.
« Le système des garanties ne se renforce ni par l’action militaire, ni par les menaces, ni par l’adoption de résolutions. Il se consolide par la neutralité, le respect du droit international, le respect de la souveraineté des États et la condamnation explicite des attaques visant des installations placées sous la supervision de l’Agence », peut-on lire dans son poste.
« On ne peut bombarder des installations placées sous garanties, détruire les conditions d’accès et de sécurité nécessaires aux inspections, puis utiliser les conséquences de cette même attaque pour alimenter des ambiguïtés à l’encontre de l’Iran », a conclu Kazem Gharibabadi.
Ce poste a été publié en réaction au dernier rapport présenté jeudi par le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, au Conseil des gouverneurs, dans lequel il a prétendu que l’Agence n’avait reçu de l’Iran aucune information concernant l’état des matières nucléaires déclarées, des installations concernées ainsi que d’autres sites hors des installations, à des fins de garanties.
Il a également indiqué que l’AIEA n’avait eu accès à aucune de ces installations ni à aucun de ces sites, à l’exception de la centrale nucléaire de Buchehr, afin d’y mener des activités de vérification sur le terrain.
Par conséquent, a-t-il poursuivi, l’Agence n’a pas été en mesure d’exercer les responsabilités qui lui incombent au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) dans les installations nucléaires déclarées par l’Iran et, de ce fait, ne peut vérifier l’état de ces installations ni celui des matières nucléaires qui y sont associées.