Un conseiller de haut rang du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, a sévèrement mis en garde les États-Unis contre le risque de s’enliser dans une impasse en relançant leur agression contre l’Iran.
« Ils savent que le coût des négociations est bien inférieur à celui de la guerre. S’ils optent à nouveau pour l’action militaire, ils s’engageront dans une spirale infernale », a averti vendredi au micro de CNN Mohsen Rezaï, ancien commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
Mise en garde contre un conflit extra-régional
M. Rezaï a ensuite mis en garde contre les conséquences géographiques potentielles d’une telle agression malavisée.
Réagissant aux menaces répétées des États-Unis de cibler les infrastructures iraniennes, il a déclaré : « Si la guerre se poursuit et que le blocus persiste, nous étendrons le conflit au-delà de la région, de l’océan Indien à la mer Rouge, au détroit de Bab el-Mandeb et à la mer Méditerranée. Ce serait très mauvais pour les États-Unis. »
Les États-Unis et le régime israélien ont lancé, le 28 février, leur dernière offensive d’agression non provoquée contre l’Iran.
L’Iran a riposté en lançant au moins cent vagues de frappes de représailles décisives et efficaces, contre des cibles américaines et israéliennes sensibles et stratégiques à travers la région.
La République islamique d’Iran a également fermé le détroit d’Ormuz à ses ennemis et à leurs alliés, provoquant une onde de choc sur les marchés mondiaux de l’énergie. Cette mesure a notamment affecté les États-Unis, où les prix de l’énergie et, par conséquent, ceux de nombreuses matières premières ont fortement augmenté.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu unilatéral le 8 avril.
« Les négociations sont dans l’impasse »
M. Rezaï a estimé que Trump était le principal obstacle à l’avancement du dialogue et du processus diplomatique entre les deux parties.
« La balle est désormais dans le camp américain. Trump est le principal problème dans les négociations », a-t-il affirmé.
« Il parle de manière ambiguë et d'après ses propres déclarations, c'est sa méthode. Toutefois, cette approche ne fonctionne pas avec l’Iran. Il doit parler clairement. »
« Les négociations sont dans une impasse que Trump doit résoudre », a-t-il ajouté notant qu’« un profond climat de méfiance » domine actuellement les interactions entre les deux parties
« Le dégel des actifs : un test pour rétablir la confiance »
Lorsqu'on lui a dit que Donald Trump avait affirmé attendre la réponse de l'Iran, M. Rezaï a déclaré : « L'Iran a clairement indiqué que nos avoirs gelés devaient être débloqués, mais les Américains donnent des réponses ambiguës. »
« Il s'agit d'un test pour instaurer la confiance et d'un moyen de démontrer le niveau minimal de sérieux requis dans les négociations. »
Le responsable a également conseillé au président américain de prendre ses décisions indépendamment du régime israélien, de mettre de côté ses intérêts personnels et de privilégier les intérêts du peuple américain.
« Aucune confiance dans l'accord nucléaire avec Trump »
Quant au programme nucléaire iranien, le conseiller du Leader a déclaré que la République islamique d’Iran avait agi dans le respect des réglementations internationales et du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Il a évoqué le Plan global d’action commun (PGAC), soulignant comment Donald Trump avait abrogé l'accord nucléaire de 2015.
« Par conséquent, nous sommes très méfiants quant à l'insistance de Trump sur le démantèlement du programme nucléaire iranien », a-t-il dit.
« Nous ne faisons confiance à aucun accord nucléaire conclu avec Trump et, pour le moment, il n'y aura aucune négociation sur la question nucléaire. »
« L’insécurité dans le détroit d’Ormuz doit être maîtrisée »
Face à la situation engendrée par l’agression américano-israélienne non provoquée dans le détroit stratégique d’Ormuz, le conseiller du Leader de la Révolution islamique a déclaré que cette voie navigable « n’est pas dangereuse pour le commerce », mais que toute tentative de semer l’insécurité ainsi que tout déploiement militaire visant ce point de passage stratégique seraient contrés.
« Ce sont les États-Unis qui ont rendu cette région dangereuse », a-t-il dénoncé.
Mohsen Rezaï a également évoqué l’opposition de Washington à l’imposition par Téhéran de taxes sur les services environnementaux et de transit dans le détroit d’Ormuz.
« Le détroit d’Ormuz appartient à l’Iran et à Oman, et sa gestion relève de notre responsabilité », a-t-il réaffirmé, ajoutant que les redevances devraient donc être perçues.
M. Rezaï a rejeté les allégations portées contre la République islamique d'Iran concernant une prétendue attaque contre l’aéroport du Koweït. « Nous avons ciblé la base américaine au Koweït en réponse à l’agression américaine. »
Il a ajouté que, tout au long de cette agression conjointe, l’Iran n’avait ciblé que des bases et des intérêts américains à titre de représailles, malgré le fait que certains pays voisins aient pleinement mis leur espace aérien à la disposition des ennemis de l’Iran.
Interrogé sur la possibilité d’une rencontre entre Donald Trump et le Leader de la Révolution islamique, après que le président américain a déclaré qu’une telle rencontre serait un « honneur » pour lui, Mohsen Rezaï a répondu : « Cela n’arrivera pas. »
Revenant sur les leçons tirées de la guerre par l’Iran, M. Rezaï a déclaré que cette agression avait démontré l’importance croissante de la guerre asymétrique.
« Cette guerre a également prouvé que l’ère de la guerre conventionnelle touche à sa fin et que la guerre asymétrique, combinée à l’innovation et à la créativité, est désormais plus efficace », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle la puissance militaire de l’Iran reposait uniquement sur les missiles et les drones.
« En réalité, nous attendions une invasion terrestre américaine pour que le monde puisse constater la véritable puissance de l’Iran, car nos forces terrestres sont, elles aussi, extrêmement puissantes. »