Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, affirme que certes l'Iran ne cherche pas la guerre, mais qu’il est toutefois prêt à continuer de se défendre si nécessaire.
« Nous n'avons jamais cherché la guerre. Nous sommes pour la paix, mais une paix honorable », a fait savoir le chef de la diplomatie iranienne lors d'un entretien accordé mercredi à la chaîne d'information libanaise Al Mayadeen.
Il a toutefois ajouté : «Nous sommes prêts à poursuivre la guerre, tant en termes de capacités militaires que de cohésion nationale et de détermination à faire face à toute agression. »
« Notre position militaire est encore plus forte qu'avant la guerre, car nous avons pu maintenir notre production militaire tout au long de l'agression; ils n'ont pas été en mesure de l'arrêter », a-t-il ajouté, faisant référence à la dernière vague d'agression américano-israélienne non provoquée contre l'Iran, lancée le 28 février.
Par conséquent, nous sommes pleinement prêts à poursuivre le combat aussi longtemps que nécessaire, a souligné le ministre des Affaires étrangères faisant remarquer : « Si la raison l’emporte, la guerre ne reprendra pas ».
« La guerre a changé la perception qu'ont les États-Unis de la puissance de l'Iran »
Abbas Araghchi a soutenu que la récente agression avait modifié la perception américaine de la puissance de l'Iran.
« Lors de la récente guerre, les Américains ont concrètement pris conscience de la véritable puissance de l'Iran. »
Washington n'a atteint aucun de ses objectifs, dont et surtout sa demande initiale de « capitulation sans condition » de l'Iran, a souligné le responsable.
« Cela ne s'est jamais produit », a-t-il ajouté, rappelant des centaines de vagues de frappes décisives et de représailles menées par les forces armées iraniennes, contraignant le président américain Donald Trump à annoncer un cessez-le-feu unilatéral le 7 avril.
« Aucun processus de négociation formel n'est en cours »
Le chef de la diplomatie iranienne a poursuivi en affirmant qu'il n'existait actuellement aucun processus de négociation formel en cours entre l'Iran et les États-Unis.
Les deux parties maintiennent toutefois le dialogue, a-t-il déclaré, rappelant que ces communications n'avaient permis « aucun progrès significatif » ces derniers jours.
« Les deux parties réexaminent actuellement les cadres existants et, si les conditions sont favorables, les négociations reprendront sur la base des intérêts nationaux de l'Iran et des droits de son peuple, avec l'objectif de mettre fin à la guerre en Iran et au Liban. »
« Un cessez-le-feu au Liban est inévitable »
M. Araghchi a par ailleurs souligné que l'insistance de l'Iran sur la cessation de l'agression sur tous les fronts, y compris au Liban, était une condition indispensable exigée par la République islamique d’Iran pour tout éventuel mémorandum d'entente avec les États-Unis.
Il a précisé que l'Iran ne séparait pas le sort de la guerre entre l'Iran et le duo israélo-américain du celui de la guerre au Liban.
« Soit la guerre prend fin dans les deux endroits, soit elle continue dans les deux endroits », a ponctué le ministre.
« La résistance iranienne a contraint Israël à abandonner son projet d'attaque contre Beyrouth »
Abbas Araghchi a rejeté les insinuations selon lesquelles Donald Trump serait responsable de l'arrêt récent des attaques planifiées par le régime israélien contre la capitale libanaise, Beyrouth.
Selon ce haut diplomate, ce qui a empêché les frappes israéliennes ces deux derniers jours, « c'est la force de la résistance ; la force des forces armées iraniennes et de la Résistance libanaise ».
L'Iran avait averti Washington qu'une attaque contre Beyrouth mettrait fin de facto au cessez-le-feu.
« Nous avons informé la partie américaine que si Beyrouth était attaquée, nous ne le tolérerions absolument pas; le cessez-le-feu serait ainsi totalement rompu et nos forces armées riposteraient. »
« Le Hezbollah est indissociable de la société, de la défense et de la politique libanaises »
Soutenant que le mouvement de résistance libanais, Hezbollah, demeurait une partie intégrante de la société, de la défense et de la politique du Liban, le haut diplomate a fait remarquer: « Le monde doit l’accepter. Personne ne peut l’ignorer (le Hezbollah) ni l’éliminer. »
Le ministre des Affaires étrangères a également affirmé qu'il n'était pas surpris que le Hezbollah restait résilient, malgré l'assassinat de ses dirigeants.
« La Résistance est un idéal. La Résistance ne dépend pas d'un individu. »