Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, saisit la justice après des accusations d’humiliation, de viols et de tortures contre des militants de la flottille pour Gaza.
La France va ouvrir une enquête sur le traitement réservé à ses ressortissants à bord de la flottille pour Gaza. Cette décision, annoncée vendredi par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, fait suite à des témoignages faisant état d’humiliations, de viols et d’actes de torture subis par les militants pendant leur détention.
Jean-Noël Barrot a déclaré que l'enquête était ouverte « sur la base d’un rapport que j’ai demandé à notre consul général en Turquie, qui détaille des violences sexuelles, des expositions au froid, des passages à tabac et des humiliations répétées visant des ressortissants français – autant d’actes susceptibles de constituer des infractions pénales ».
« J’ai décidé [jeudi] de saisir la procureure de la République, conformément à l’article 40 du code de procédure pénale. Ce dossier est désormais entre les mains de la justice », a-t-il poursuivi.
Condamnation internationale
L’Italie, l’Irlande et l’Espagne avaient déjà demandé à l’Union européenne de sanctionner Itamar Ben Gvir, ministre israélien d'extrême droite, qui avait publié une vidéo montrant des militants de la flottille à destination de Gaza, détenus, contraints de s’agenouiller les mains liées.
La diffusion de cette séquence, qui montrait des militants étrangers de la flottille arrêtés en mer par Israël et en attente d’expulsion dans le port méridional d’Ashdod, avait provoqué un tollé mondial.
Il y a quelques jours, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, avait qualifié le traitement infligé aux militants d’« intolérable » et exigé des excuses d’Israël. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanhez, avait de son côté jugé ce traitement « inacceptable ».
Le 14 mai, une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.
Les autorités israéliennes ont annoncé l’interpellation de 430 militants - dont 37 Français - à bord des bateaux.
L’initiative Flottille mondiale Sumud s’inscrit dans le cadre d’une série d’efforts internationaux visant à rompre le blocus israélien imposé à Gaza depuis 2007, en violation flagrante de toutes les conventions, règles et lois humanitaires et internationales.
La crise humanitaire dans la bande assiégée a atteint des niveaux catastrophiques depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023, aggravée par des destructions massives d’habitations et le déplacement forcé de près de 1 500 000 Palestiniens à l’intérieur des territoires occupés.