Les avocats des membres français de la « Flottille pour Gaza », victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles infligées par Israël lors de leurs détentions, ont condamné vendredi le « simulacre de condamnation » de ces actes par la France.
Dans un communiqué publié le vendredi 29 mai, ces avocats ont rejeté une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et indiqué leur intention de déposer plainte « dans les prochains jours » pour les « humiliations, violences, viols et actes de torture dénoncés ».
Cette réaction intervient après les déclarations du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a annoncé mardi devant l’Assemblée nationale que la France envisageait une « saisine » de la justice française pour les traitements, qu’il a qualifiés d’odieux, infligés aux militants de la « Flottille pour Gaza », après la diffusion d’une vidéo dans laquellle les militants ont été mis à genoux après avoir été interpellés.
« Nous savons que nous n’avons rien à attendre de ce simulacre de condamnation de la part du gouvernement français qui ne saurait aujourd’hui se poser sérieusement en défenseur des droits des navigant.e.s de la Flottille », ont réagi les avocates dans le communiqué.
Soulignant le soutien de la France au régime israélien dans son acte de génocide perpétré contre les Palestiniens de la Bande de Gaza, les avocats ont réaffirmé que « ces effets d’annonce (...) ne nous feront pas oublier que le gouvernement a soutenu Israël depuis le début du génocide ».
Samedi, le chef de la diplomatie française avait annoncé l’interdiction d’accès au territoire français visant le ministre extrémiste israélien, Itamar Ben Gvir, en réaction aux traitements infligés par le régime aux militants.
Le 14 mai, une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.
Les autorités israéliennes ont annoncé l’interpellation de 430 militants - dont 37 Français - à bord des bateaux.
L’initiative Flottille mondiale Sumud s’inscrit dans le cadre d’une série d’efforts internationaux visant à rompre le blocus israélien imposé à Gaza depuis 2007, en violation flagrante de toutes les conventions, règles et lois humanitaires et internationales.
La crise humanitaire dans la bande assiégée a atteint des niveaux catastrophiques depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023, aggravée par des destructions massives d’habitations et le déplacement forcé de près de 1 500 000 Palestiniens à l’intérieur des territoires occupés.