Mahdieh Esfandiari, une ressortissante iranienne détenue illégalement en France pendant 237 jours, a annoncé son intention d’engager des poursuites judiciaires contre Paris pour « prise d’otage politique ».
S’exprimant mardi 26 mai devant des journalistes dans la province de Kermanshah, Mme Esfandiari a déclaré avoir passé 235 jours en cellule d’isolement, affirmant avoir subi d’importantes pressions en raison de son attachement au hijab islamique et de son refus de renoncer à ses principes.
« Nous sommes en train de déposer une plainte officielle contre le gouvernement français afin de prouver cette prise d’otage politique et de faire reconnaître, dans les instances internationales, la légitimité de l’Axe de la Résistance ainsi que le statut de victimes des enfants iraniens », a-t-elle déclaré.
L’activiste médiatique et propriétaire d’une chaîne d’information consacrée à la couverture de l’Axe de la Résistance — comprenant l’Iran, le Liban, la Palestine, la Syrie, l’Irak et le Yémen — a affirmé que son seul crime était de diffuser « la vérité ».
« Les médias occidentaux diffusent les informations de manière extrêmement biaisée et déformée. Après l’opération du 7 octobre, ils ont fabriqué un récit comme si tout avait commencé ce jour-là, alors que les racines du conflit remontent à des décennies d’occupation sioniste », a-t-elle affirmé.
Elle a expliqué que sa chaîne traduisait et diffusait des informations de première main du Front de la Résistance afin de contester les récits mensongers des médias occidentaux. « Mais ce simple fait de dire la vérité a déplu à ceux qui se prétendent défenseurs de la liberté », a-t-elle déploré.
Ailleurs dans ses remarques, Mme Esfandiari a décrit les conditions difficiles de sa détention.
« J’ai été détenue pendant 237 jours, dont 235 passés à l’isolement. Durant toute cette période, l’un de mes principaux combats a été de maintenir mon hijab », a-t-elle déclaré.
« Pour nous, le hijab n’est pas seulement un devoir religieux ; il constitue également un symbole politique de la femme musulmane révolutionnaire. J’ai subi de fortes pressions à ce sujet. Après de nombreux efforts et consultations avec mes avocats, je n’ai obtenu qu’une autorisation très limitée de porter un foulard lors des audiences judiciaires ou des rencontres avec l’ambassadeur », a raconté l’activiste iranienne.
Elle a ajouté que même les détenues musulmanes françaises n’osaient pas réclamer ce droit fondamental en prison.
Dans un autre volet de ses propos, Mme Esfandiari a vivement dénoncé le deux poids deux mesures de la justice française.
« Il est totalement absurde que, selon la décision initiale, mon nom dût être inscrit sur la liste européenne des organisations terroristes, alors qu’un criminel comme Netanyahu, visé par un mandat d’arrêt international, utilise librement l’espace aérien français sans être arrêté », a-t-elle indiqué.
« Aujourd’hui, du point de vue occidental, le Corps des gardiens de la Révolution iraniens sont considérés comme “terroristes”, tandis que l’armée criminelle du régime sioniste, dont les mains sont tachées du sang de milliers d’enfants, ne reçoit pas cette qualification », a-t-elle déploré.
En outre, Mme Esfandiari a affirmé que les autorités françaises l’ont maintenue en résidence surveillée sous prétexte de « menaces contre la sécurité française », malgré le fait que les lois de ce pays aient permis sa libération en attendant son appel.
« La vérité est apparue lorsque ma libération a coïncidé avec celle de deux espions français. Cela montre que j’étais une otage et non une accusée », a-t-elle déclaré.
La plainte qu’elle entend déposer contre le gouvernement français vise, selon ses propos, à dénoncer un système de « prise d’otages politiques » pratiqué par certains États occidentaux.
L’arrestation de Mme Esfandiari s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la France et l’Iran, notamment autour de l’Axe de la Résistance.
Paris a toujours soutenu les politiques israéliennes, apporté une couverture politique aux offensives américano-israéliennes et a aussi qualifié le Corps des gardiens de la Révolution islamique d’« organisation terroriste », tout en ignorant les crimes de guerre commis par Israël.
Plusieurs pays européens, dont la France, ont imposé des sanctions contre l’Iran tout en maintenant des relations étroites avec Israël.
En Iran, les autorités dénoncent des « doubles standards » européens concernant les événements à Gaza et au Liban, affirmant que les pays occidentaux ferment les yeux sur les actions israéliennes et ciblent des institutions et personnalités médiatiques iraniennes.