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Téhéran-Washington : vers la finalisation d’un mémorandum d’entente en 14 points pour mettre fin à la guerre (Esmaïl Baghaï)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. ©IRNA/Archives

La République islamique d’Iran et les États-Unis ont progressé vers la finalisation d’un mémorandum en 14 points visant à mettre fin à la guerre imposée, à stopper l’agression maritime américaine et à obtenir le déblocage des fonds iraniens gelés, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Prenant la parole lors d’une interview télévisée, samedi 23 mai, M. Baghaï a évoqué la visite d’une délégation pakistanaise à Téhéran, conduite par le chef d’état-major, le maréchal Asim Munir, et salué le « rôle de médiateur important » d’Islamabad dans les récents pourparlers entre l’Iran et les États-Unis.

« Nous sommes actuellement sur le point de finaliser ce mémorandum d’entente. Les sujets discutés à ce stade se concentrent principalement sur la fin de la guerre, l’arrêt de l’agression navale américaine — que les États-Unis qualifient eux-mêmes de "blocus naval" — ainsi que sur les questions liées au déblocage des avoirs iraniens gelés », a-t-il précisé.

Indiquant que la visite de la délégation pakistanaise a été effectuée dans le but de poursuivre l’échange de messages entre Téhéran et Washington, M. Baghaï a souligné que l’attention de l’Iran reste exclusivement fixée sur la fin de la guerre américano-israélienne, sur la base de la proposition iranienne en 14 points, qui a fait l’objet de plusieurs allers-retours.

Interrogé sur une possible convergence entre l’Iran et les États-Unis à la suite des récentes rencontres entre les autorités pakistanaises et iraniennes, M. Baghaï a tempéré les attentes, en affirmant que l’Iran ne peut pas être pleinement certain que les positions américaines ne changeraient pas à nouveau comme par le passé. Cependant, il a reconnu qu’après plusieurs semaines de dialogue entre les deux parties, « le processus semble tendre vers un rapprochement des points de vue ».

Précisant que ce rapprochement ne signifie pas que Téhéran et Washington sont sur le point de parvenir immédiatement à un accord, le porte-parole de la délégation iranienne aux pourparlers avec les États-Unis a affirmé que cela signifie plutôt que « sur la base de certains paramètres, les deux parties pourraient être en mesure de trouver une solution gagnant-gagnant ».

Dans la foulée, Esmaïl Baghaï a indiqué que le cadre des négociations prévoit l’élaboration d’un mémorandum d’entente comprenant 14 articles, qui inclut les points d’importance fondamentale pour Téhéran, ainsi que les questions importantes pour mettre un terme à la guerre imposée

« Par la suite, dans un délai raisonnable de 30 à 60 jours, les deux parties discuteraient des détails de ces questions pour parvenir à un accord final », a-t-il poursuivi.

Concernant le détroit d’Ormuz, il a réaffirmé que cette voie maritime stratégique « ne concerne en rien les États-Unis », avant de souligner que l’Iran et Oman, en tant qu’États côtiers, doivent définir eux-mêmes le mécanisme de gestion du détroit.

Bien que la question de détroit d’Ormuz soit incluse dans le mémorandum, la priorité absolue reste de mettre un terme à la « piraterie et au banditisme maritime américains » contre le commerce international, a-t-il ajouté.

Dans un autre volet de ses propos, le porte-parole de l’appareil diplomatique iranien a abordé la question nucléaire.

Rappelant que les États-Unis et le régime israélien ont lancé deux guerres d’agression contre l’Iran, sous prétexte de son programme nucléaire, il a indiqué que le pays a subi des attaques illégales alors même que les négociations nucléaires étaient en cours.

D’après ses termes, « dans des étapes ultérieures – dans un délai de 30 à 60 jours ou tout autre délai convenu – nous pourrons discuter de la question nucléaire ou d’autres sujets d’intérêt commun, mais pour l’heure, tout notre effort reste concentré sur la fin de la guerre ».

Quant aux sanctions, bien que les détails techniques ne soient pas à l’ordre du jour immédiat, la demande iranienne pour la levée totale de ces mesures illégales et inhumaines est explicitement inscrite dans le texte du mémorandum, a indiqué le responsable iranien.

Étant donné que Téhéran ne discute pas des détails de la question nucléaire à ce stade, il ne discute pas non plus des modalités de la levée des sanctions dans ce court laps de temps.

« C’est une exigence constante que nous appliquons dans toute interaction avec des intermédiaires », a-t-il souligné, en indiquant que « la question du nucléaire et celle du déblocage des fonds iraniens gelés sont incluses dans le mémorandum d’entente en 14 points ».

Ailleurs dans ses propos, il a clarifié le rôle des médiateurs dans le processus de négociation expliquant que le Pakistan reste officiellement le médiateur au sens strict du terme, et que les remerciements de l’Iran vont aux autres parties qui ont en même temps essayé d’apporter leur aide, notamment le Qatar.

Esmaïl Baghaï a réaffirmé que la présence d’une délégation qatarie au cours de ces derniers jours visait à faciliter la mise en œuvre de certains articles du mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis.

« Il est naturel que les pays de la région se préoccupent de la paix et de la sécurité. Ils ont été témoins de la manière dont les actions américaines et israéliennes contre l’Iran ont pu déclencher un conflit à l’échelle régionale. C’est pourquoi ils ont cherché à apporter toute l’aide possible à cet égard », a conclu le porte-parole de l’équipe de négociation iranienne.

À noter que l’agression criminelle américano-israélienne contre l’Iran a débuté le 28 février par des frappes aériennes qui ont entraîné le martyre de hauts responsables et commandants iraniens, dont le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.

En riposte, les forces armées iraniennes ont mené quotidiennement des opérations de missiles et de drones contre des positions dans les territoires occupés par Israël ainsi que des bases et des installations militaires américaines à travers la région.

Dans le cadre de ses représailles, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz à ses ennemis et à leurs alliés, ce qui a entraîné une hausse significative des prix du pétrole et de ses dérivés.

Le 8 avril, quarante jours après le début de la guerre, un cessez-le-feu temporaire négocié par le Pakistan est entré en vigueur entre l’Iran et les États-Unis.

Des négociations se sont ensuite déroulées dans la capitale pakistanaise, Islamabad, mais elles n’ont pas abouti à un accord en raison des exigences excessives de Washington et de son insistance sur des positions déraisonnables.

Depuis le mois dernier, l’Iran a renforcé ses contrôles sur le détroit d’Ormuz après l’annonce par le président américain Donald Trump d’un blocus naval des navires et des ports iraniens. Cependant, Téhéran affirme que ces mesures violent les termes du cessez-le-feu négocié par le Pakistan. Malgré le blocus, le trafic maritime lié au pétrole brut iranien se poursuit.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV