Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a exhorté les pays européens à tirer des leçons de l’époque nazie, les avertissant que l’histoire se répéterait si l’Occident persistait dans son silence face à l’humiliation systématique infligée par Israël aux militants humanitaires qui tentaient de briser le blocus de Gaza.
Dans un message publié jeudi 21 mai sur X, M. Baghaï a qualifié de « profondément choquantes » les images montrant le ministre d’extrême droite israélien, Itamar Ben-Gvir, humiliant personnellement, au port d’Ashdod, les militants humanitaires menottés – dont beaucoup étaient des citoyens européens.
« Ces images ravivent les moments les plus sombres de l’histoire – ceux où un régime, longtemps protégé de toute responsabilité, en vient à se croire exceptionnel, intouchable et au-dessus des lois », a-t-il souligné.
M. Baghaï a rappelé que dans les années 1930, l’Europe se berçait d’illusions, croyant pouvoir rester silencieuse et impunie face à la dégradation systématique de la dignité humaine, du droit international et des principes moraux fondamentaux sans jamais en essuyer les répercussions.
« L’histoire nous a donné une leçon brutale », a-t-il déclaré, précisant que la normalisation de l’anarchie et des atrocités ne se limite jamais à sa cible initiale.
Le diplomate iranien a souligné que le véritable danger actuel dépasse le cadre de certains agissements d’un responsable israélien. « Le problème de fond réside dans le silence complice, l’acceptation passive et l’inaction institutionnalisée face à l’occupation, à l’apartheid et au génocide, qui ont donné à ces politiques et comportements une apparence de normalité, de continuité et une audace croissante », a-t-il écrit.
M. Baghaï a averti que si l’Occident continue d’accentuer le fossé entre ses valeurs fondamentales proclamées et ses actes, il devrait une fois de plus tirer des leçons brutales de l’histoire.
« L’impunité sans fin ne modère pas l’anarchie, par contre, elle normalise les atrocités et enhardit leurs auteurs », a-t-il ajouté.
Mardi, la Flottille mondiale Sumud a annoncé qu’Israël avait saisi les 50 navires transportant des militants et de l’aide humanitaire destinés aux Palestiniens. La Flottille, composée de 428 militants originaires de 44 pays, avait appareillé de Marmaris, en Turquie.
En même temps, le ministre israélien Ben Gvir a diffusé une vidéo humiliante montrant l’enlèvement des militants de la Flottille, appréhendés en eaux internationales, contraints de se mettre à genoux, les mains liées.
Les membres de la flottille humanitaire, qui visait à briser le blocus de Gaza, ont été transférés au port d’Ashdod en Palestine occupée après la saisie de leurs navires en Méditerranée.