Le fils de l’ancien président français a suggéré de supprimer progressivement le SMIC afin de faciliter les embauches dans un pays qui compte 2,6 millions de chômeurs. Une proposition qui n’a pas manqué de provoquer une vive polémique.
« C’est dur, mais il faut l’entendre ». Le 18 mai, au micro d’Apolline de Malherbes sur RMC, Louis Sarkozy a appelé à supprimer le SMIC, le salaire minimum en France, aux alentours de 1 443 euros nets, auquel le gouvernement s’apprête à donner un nouveau coup de pouce face à l’inflation.
« Qu’on le remplace par un crédit d’impôt sur les bas salaires, afin d’aider directement le travailleur », a-t-il notamment plaidé, en invoquant des propos de Milton Friedman, figure incontournable des enseignements en école de commerce.
L’ancien candidat à la mairie de Menton a dénoncé la « trappe » à pauvreté que constituerait, selon lui, ce salaire minimum « décrété », « unique de la baie de Somme au VIe arrondissement de Paris », estimant qu’il aurait un effet « désastreux » sur les embauches, « surtout pour les jeunes et ceux qui n’ont pas de diplômes ».
Il a également évoqué d’autres pays européens où le salaire d’entrée est plus bas qu’en France, mais où le revenu moyen est plus élevé. « Trois millions de Français — un salarié sur six — y restent coincés parfois pendant dix ou vingt ans », a-t-il ajouté.
« Quelle dignité y a-t-il à vivre au RSA à 28 ans parce qu’aucune entreprise n’a pu se permettre de vous embaucher ? Le SMIC français, dans sa forme actuelle, est devenu un véritable crime social », a-t-il encore dénoncé.
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Ses propos ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Certains ont critiqué son expérience professionnelle : « Proposition bien débile d’un gars qui n’a jamais travaillé ni créé une entreprise », a réagi un internaute sur X.
D’autres ont évoqué un retour à des pratiques inhumaines : « Louis Sarkozy appelle à rétablir l’esclavage pour lutter contre le chômage », ou encore : « Sarkozy père proposait de travailler plus pour gagner plus, le fils propose de travailler plus pour gagner moins. Bientôt le retour au travail des enfants ? », a pour sa part réagit le Parti socialiste sur X.
Selon l’Insee, la France comptait 2,6 millions de chômeurs au premier trimestre 2026, soit une hausse de 68 000 personnes en trois mois. Cette situation de précarité touche notamment près d’un jeune sur cinq.