Plusieurs associations françaises de défense des migrants ont dénoncé mardi l’allongement de la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière dans les centres de rétention administrative (CRA). Elles se disent préoccupées pour les droits des personnes étrangères privées de liberté en France et alertent sur les répercussions humaines des rétentions prolongées.
Selon les données publiées par Forum Réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et Solidarité Mayotte, les personnes retenues dans les 22 CRA de France hexagonale ont passé des périodes de plus en plus longues en détention ces cinq dernières années.
Les associations soulignent qu’en 2025, 16 467 personnes ont été enfermées dans ces centres, contre 16 628 en 2024, dénonçant une politique migratoire qu’elles jugent davantage orientée vers le durcissement sécuritaire que vers l’efficacité administrative.
Le rapport critique également les répercussions humaines de cette rétention prolongée, évoquant une aggravation de la précarité psychologique et sociale des personnes concernées.
« Plus de quarante ans après l’ouverture des premiers centres de rétention administrative (1984), l’année 2025 s’inscrit comme l’une des plus préoccupantes pour les droits des personnes étrangères privées de liberté », estiment les associations.
Cette publication intervient dans un contexte de durcissement du débat migratoire en France, alors que le Sénat doit examiner un projet de loi prévoyant un allongement des durées maximales de rétention administrative.