Le président Yoweri Museveni a officiellement promulgué une nouvelle loi sur la souveraineté en Ouganda, après son adoption par le Parlement, rapporte Sputnik Afrique.
Le texte encadre davantage les activités liées aux intérêts étrangers dans les domaines politique et institutionnel. Il prévoit des sanctions contre toute action menée pour le compte d’intérêts extérieurs sans autorisation des autorités compétentes.
La loi érige en infraction pénale la promotion des « intérêts d’un étranger au détriment des intérêts de l’Ouganda » et interdit à toute personne agissant pour le compte d’intérêts étrangers d’élaborer ou de mettre en œuvre des politiques sans l’accord du gouvernement.
Le bureau de Museveni a annoncé dimanche soir qu’il avait signé le projet de loi sur la « protection de la souveraineté », que le Parlement avait adopté le 5 mai. Les sanctions en cas d’infraction vont jusqu’à 10 ans de prison et de lourdes amendes.
Avant sa validation finale, plusieurs dispositions ont été ajustées afin de prendre en compte les réalités économiques et financières du pays.
En effet la version finale de la loi a assoupli plusieurs dispositions antérieures qui avaient été critiquées par les institutions économiques.
Une loi qui obligeait tout Ougandais recevant de l’argent de l’étranger à s’enregistrer en tant qu’agent étranger et à déclarer les fonds reçus a été modifiée pour ne s’appliquer qu’aux personnes recevant des fonds à des fins politiques servant des intérêts étrangers.
Les transferts de fonds effectués par les Ougandais vivant à l’étranger constituent une source importante de devises étrangères pour ce pays d’Afrique de l’Est.
Le gouverneur de la Banque centrale, Michael Atingi-Ego, avait averti le mois dernier que cette loi risquait de réduire les flux financiers vers l’Ouganda et d’épuiser les réserves de devises étrangères.
Les autorités ougandaises présentent cette loi comme une mesure destinée à préserver l’indépendance nationale et à renforcer la souveraineté de l’État.