Ali Akbar Velayati, un conseiller principal du Leader de la Révolution islamique, a averti que Washington était en train de tomber dans un nouveau « piège stratégique » tendu par Israël et que les États-Unis risquaient de perdre le peu de crédibilité qui leur est restée en Asie de l’Ouest s’ils lançaient une nouvelle guerre contre l’Iran.
Velayati, membre du Conseil de discernement du bien de l’ordre islamique, a écrit dimanche 17 mai sur son compte X que la « diplomatie stérile » du président américain Donald Trump à Pékin et son retour les mains vides de Chine reflétaient l’existence d’une crise de calcul à Washington.
Trump s’est rendu en Chine en début de semaine et s’est entretenu avec son homologue chinois, Xi Jinping, pour aborder de nombreux sujets, notamment la guerre contre l’Iran et la fermeture subséquente du détroit d’Ormuz.
À l’issue de la réunion, le président américain a déclaré qu’il examinait la possibilité de lever les sanctions américaines imposées aux compagnies pétrolières chinoises qui achètent du pétrole iranien, malgré le blocus illégal imposé par Washington aux ports iraniens dans le golfe Persique et la mer d’Oman.
Xi n’a pas commenté ses discussions avec Trump au sujet de l’Iran, mais le ministère chinois des Affaires étrangères a critiqué la guerre, affirmant qu’elle « n’aurait jamais dû avoir lieu et n’a aucune raison de se poursuivre ».
Velayati a également évoqué la colère d’Abou Dhabi suite aux informations faisant état d’une visite secrète du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux Émirats arabes unis. Il a dénoncé la « fabrication de données déformées » par le Pentagone, considérant ces éléments comme des manifestations de la crise de calcul qui affecte les États-Unis.
D'après lui, le fait que les États-Unis tombent dans ce nouveau piège, sous l’influence d’Israël, pourrait avoir de lourdes répercussions. Washington ne pourrait plus restaurer sa crédibilité abîmée en Asie de l’Ouest, a averti Velayati.
Cet avertissement intervient alors que la rhétorique belliqueuse de Trump à l’égard de Téhéran s’intensifie, à peine trois mois après le début de la guerre d’agression menée par les États-Unis et le régime israélien contre la République d’islamique d’Iran.
Un cessez-le-feu a été annoncé le 8 avril, suivi de négociations infructueuses à Islamabad, où l’Iran a proposé un plan en dix points portant sur le retrait des troupes américaines de la région et la levée des sanctions anti-iraniennes.
Parallèlement, la situation économique se détériore aux États-Unis, avec une forte augmentation des prix de l’essence, étant donné que les prix pourraient encore augmenter, tant que l’Iran maintiendra son contrôle sur le détroit d’Ormuz.
L’inflation, quant à elle, s’accélère aux États-Unis, dépassant pour la première fois en trois ans la hausse des salaires américains en avril.
Interrogé sur l’impact économique réel pour les Américains, Trump s’est retranché derrière ses prétextes sans fondement, et a répété que sa seule priorité était d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Il a fermé ainsi les yeux sur les souffrances de ses compatriotes.
« Je ne pense pas à la situation financière des Américains. Je ne pense à personne. Je ne pense qu’à une chose : nous ne pouvons pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire. C’est tout. C’est la seule chose qui me motive », a déclaré Trump.