La République islamique d’Iran n’autorisera pas le passage par le détroit d’Ormuz de matériels militaires américains à destination des bases dans la région, a fait savoir le porte-parole de l’armée iranienne, assurant que la voie maritime stratégique est plus que jamais placée sous le contrôle militaire coordonné des forces armées du pays.
« Dorénavant, nous n’autoriserons plus le transit d’armes américaines par le détroit d’Ormuz ni leur entrée dans les bases régionales », a déclaré, ce mercredi 13 mai, le général de brigade Mohammad Akraminia, qui a pris la parole lors d’une cérémonie marquant le quarantième jour après les funérailles de l’ancien chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Abdolrahim Moussavi.
Le porte-parole de l’armée a précisé que tout pays souhaitant emprunter le détroit d’Ormuz devra le faire sous la supervision directe des forces armées iraniennes, afin de bénéficier d’un « passage sans dommage ».
D’après le général Akraminia, la partie occidentale du détroit d’Ormuz est placée sous le commandement de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), tandis que sa partie orientale est contrôlée par la marine de l’armée de la République islamique d’Iran.
« Ce contrôle coordonné et synergique renforce non seulement la souveraineté et la surveillance de l’Iran sur la région, mais il générera également des revenus équivalents à deux fois ceux du pétrole », a-t-il indiqué.
Malgré deux décennies de planification de l’ennemi pour lancer une attaque contre l’Iran, les forces armées iraniennes ont non seulement maintenu leur capacité de combat, mais ont également déjoué activement les objectifs hostiles par leurs frappes de missiles et leurs opérations terrestres, a déclaré le porte-parole de l’armée, avant de souligner qu’au cours de la récente guerre, tous les objectifs de l’ennemi, notamment la destruction des capacités balistiques et nucléaires, la fragmentation du pays et le renversement de la République islamique en Iran, ont été voués à l’échec.
Ailleurs dans ses remarques, le général Akraminia a précisé que la doctrine militaire de l’Iran est désormais de nature offensive, et que toute erreur commise par l’ennemi « recevra une réponse sévère ».
Après la chute du Chah et la prise de l’ambassade des États-Unis en Iran en 1979, aujourd’hui nous expulserons l’Amérique de toute la région ; sa présence y sera définitivement anéantie, a-t-il poursuivi.
Dans un discours distinct prononcé ce mercredi à Amol, le général Saïd Siahsorani, adjoint aux opérations psychologiques et culturelles de la marine du CGRI, a lancé un avertissement direct aux États‑Unis et à leur président, Donald Trump.
« Si l’Amérique — et Trump en personne — tente de faire une sottise, nous transformerons le golfe Persique en plus grand cimetière maritime des forces américaines », a-t-il déclaré, lors d’une cérémonie marquant le quarantième jour après le martyre du général Alireza Tangsiri, ancien commandant en chef de la marine du CGRI.
Le détroit d’Ormuz est désormais le symbole de l’honneur de l’Islam, a affirmé le général Siahsorani.
Même si l’Iran n’a pas encore engagé de guerre navale ouverte contre les États‑Unis, un « blocage intelligent » est d’ores et déjà mis en œuvre, au moment même où la guerre asymétrique contre l’ennemi se poursuit, a-t-il déclaré.
Selon ses termes, 70 % des bases militaires américaines dans la région, notamment Arifjan, Al Udeid, Cheikh Issa et Ali Al Salem, ont été rasées lors des frappes de représailles iraniennes.
Évoquant la valeur géostratégique du détroit d’Ormuz, le général Siahsorani a rappelé que dans le passé, 20 millions de barils de pétrole, un cinquième du gaz mondial, un quart du pétrole mondial et 80 % des engrais agricoles transitent quotidiennement par ce détroit.
Depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne le 28 février ; celle même qui a coûté la vie au Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, et lors de laquelle des infrastructures civiles ont été touchées, les marines du CGRI et de l’armée iranienne assurent conjointement le contrôle de cette voie stratégique.
En Iran, les responsables ont à plusieurs reprises mis en garde les États‑Unis pour avoir maintenu un blocus naval illégal des ports iraniens, affirmant que Téhéran est prêt à une guerre prolongée en cas d’effondrement du cessez-le-feu du 8 avril.