Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris et dans plusieurs villes de France, pour protester contre l’augmentation qu’ils jugent injuste des frais d’inscription à l’université pour la majorité des étudiants venant de l’extérieur de l’Union Européenne.
À Paris, environ 500 étudiants, enseignants, personnels administratifs des universités et représentants syndicaux (Snesup-FSU, Unsa Sup-Recherhe, Unef, Fage, Union étudiante…) ont défilé, mardi 12 mai, dans le Quartier latin, jusqu’à l’entrée du ministère de l’Enseignement supérieur, sans incident. Parmi les pancartes, on pouvait lire « non au tri social », « xénophobie c’est non », « même fac, même droits ».
Cette manifestation intervient après que le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs, dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education ».
Concrètement, les frais d’inscription pourraient passer de 178 à 2895 euros par an en licence et de 254 à 3941 euros en master pour les étudiants extra-communautaires, soit des hausses de plus de 1500 %. La mesure entrerait en vigueur en cas d’adoption du décret.
« Ce projet nommé 'Bienvenue en France' est un peu ironique », tranche Lili Song, étudiante chinoise installée en France depuis deux ans.
« Qui va payer les 4.000 euros ? Qui les a ? La France va perdre beaucoup d’étudiants, elle ne sera plus attractive », prédit Boussad, 26 ans, étudiant algérien en master 1 en physiopathologie à Paris.
Kanouté, étudiant malien de 19 ans, raconte être arrivé en France en septembre en licence 1 de droit avec 5.000 euros, et travailler 15 heures par semaine dans une grande surface. « On est venu pour étudier, pas pour profiter du système », souligne-t-il, critiquant une « politique discriminatoire ».
« C’est une mesure insupportable et raciste », a dénoncé un autre étudiant chinois, âgé de 22 ans, en master 1 de lettres.
Mardi matin, le Cneser, l'organe consultatif présidé par le ministre français et réunissant représentants des personnels, des étudiants et des établissements, a largement rejeté le texte avec 60 voix contre, et une poignée d’abstention et de votes pour, selon plusieurs sources syndicales. Ali Cherif, secrétaire général de l’Unsa Sup-Recherche, reste opposé au dispositif. « Ça reste profondément injuste », a-t-il dénoncé.