Le mouvement de résistance palestinien, Hamas a mis en garde contre de « graves conséquences » de l’adoption d'une loi israélienne établissant un tribunal militaire spécial pour les membres de ce mouvement et lui conférant le pouvoir de prononcer des condamnations à mort.
Dans un communiqué publié mardi, le mouvement palestinien a qualifié cette mesure de « dangereuse escalade » et de « nouveau crime » à l’encontre des prisonniers palestiniens, rappelant que cette loi « révèle la nature vengeresse et raciste du système d’occupation ».
« Le régime israélien cherche, par cette loi, à légaliser l’assassinat de prisonniers et à transformer les tribunaux en instruments de vengeance et d’abus », indique le communiqué du Hamas.
Le Parlement du régime israélien a adopté cette loi lundi soir, à l’issue de sa deuxième et troisième lecture. Le texte crée un tribunal militaire spécial pour les membres de ce qu’Israël qualifie de « force d’élite » du Hamas.
Dimanche, le ministre israélien Yariv Levin, a déclaré que la loi conférerait au juge le pouvoir de prononcer des condamnations à mort. Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a rapporté que cette loi constituerait le fondement juridique de procès sans précédent.
Le Hamas a également affirmé que les « pouvoirs exceptionnels » accordés par la loi aux tribunaux militaires, notamment la possibilité de déroger aux règles de procédure et de preuve habituelles, témoignent d'un abandon par l’entité sioniste des « normes de justice et de procès équitables ».
Le mouvement a qualifié cette législation de « violation flagrante de l’ensemble des lois et conventions internationales, en particulier des Conventions de Genève et du droit international humanitaire ».
Le Hamas a en outre averti que cette loi constitue une tentative d’Israël « d’éviter tout futur accord d’échange de prisonniers », en excluant explicitement les détenus incarcérés après la guerre génocidaire israélienne contre Gaza de tout accord de libération.
Il a appelé les Nations unies, la Cour pénale internationale (CPI), et les organisations internationales de défense des droits humains et humanitaires, à intervenir d’urgence pour stopper cette législation et demander des comptes aux dirigeants israéliens pour les crimes commis à l’encontre des prisonniers palestiniens.
Israël prétend que les Palestiniens détenus pendant la guerre contre Gaza sont membres du Hamas. Ceux-ci n’ont pas encore été jugés.
Plus de 9 600 prisonniers palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants, sont actuellement détenus dans des prisons israéliennes où, selon des organisations de défense des droits humains, ils sont soumis à des actes de torture, de privation alimentaire et de négligence médicale qui ont causé des dizaines de décès.