Le navire de croisière MV Hondius, à bord duquel un foyer d’hantavirus a été détecté, est entré dimanche 10 mai, très tôt dans la matinée, dans le port de Granadilla, au sud-est de l’île de Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries.
Selon les autorités locales, près de 150 passagers ainsi qu’une partie de l’équipage ont été évacués dans la matinée, sous supervision sanitaire. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est présent sur place pour suivre les opérations, selon la chaîne d’information française BFMTV.
Le navire, spécialisé dans les croisières d’expédition, poursuivrait ensuite sa route vers les Pays-Bas, une fois les opérations d’évacuation terminées.
Les hantavirus, principalement transmis à l’être humain par des rongeurs infectés, font partie des agents pathogènes qui peuvent provoquer des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques.
Bien que présents sur tous les continents, ils doivent leur nom à la rivière Hantaan, située à la frontière entre les Corée du Nord et du Sud. Durant la guerre de Corée entre les années 1950-1953, plus de 3 000 soldats sont tombés gravement malades après avoir été infectés par ces virus.
En effet, les premiers symptômes d’hantavirus dans le navire de croisière MV Hondius avaient été présentés par un couple néerlandais, reconnu comme « patient zéro » par le ministère argentin de la Santé. Son agenda montre qu’il voyageait plusieurs mois en Argentine, au Chili, en Uruguay et de nouveau en Argentine à partir du 27 mars, avant d’embarquer à bord du MV Hondius le 1er avril. L’homme est décédé le 11 avril et sa femme le 25.
Aujourd’hui, quelques heures avant l’arrivée prévue du navire, 325 agents de la Garde civile et 33 agents de la Police nationale espagnole étaient en alerte pour participer à l’évacuation des passagers et de l’équipage. Après avoir débarqué au port de Granadilla, les passagers ont été transférés à l’aéroport pour prendre vol à destination de leurs pays d’origine.
L’opération s’est poursuivie malgré des divergences institutionnelles et la forte opposition du président de la région des îles Canaries à l’autorisation d’accostage, finalement imposée par le gouvernement central.