Les stocks mondiaux de pétrole ont atteint leur niveau le plus bas depuis huit ans, dans un contexte de guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et de frappes de représailles de Téhéran qui continuent de peser sur l’offre mondiale, selon un article de Bloomberg, publié samedi 9 mai.
Les réserves mondiales de pétrole ont diminué de 4,8 millions de barils entre le 1er mars et le 25 avril, d’après ce rapport, qui s’appuie sur des données de Morgan Stanley et d’autres grandes banques et les compare à celles de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Selon le rapport, la guerre d’agression contre l’Iran et ses conséquences sur l’approvisionnement en pétrole brut et en produits pétroliers en provenance du golfe Persique sont à l’origine de cette forte baisse des stocks mondiaux.
Bloomberg avertit que cette baisse pourrait s’aggraver dans les mois à venir, en particulier pour certains pays asiatiques vulnérables, tels que l’Indonésie, le Pakistan, les Philippines et le Vietnam.
Environ 60 % de la baisse totale des stocks mondiaux concerne le pétrole brut, tandis que vient des produits pétroliers raffinés, indique le rapport.
Toujours d’après cet article, les réserves de kérosène en Europe s’épuisent rapidement. Des experts cités par Bloomberg estiment qu’ils pourraient atteindre des niveaux critiques dès juin, juste avant les vacances d’été.
Le rapport met en garde contre le fait que la poursuite de la diminution des réserves mondiales pourrait entraîner de nouvelles hausses des prix, laissant le marché pétrolier exposé plus longtemps à d’éventuelles perturbations, même après une cessation complète des affrontements actuels dans le golfe Persique.
La crise affecte aussi les États-Unis, où les données gouvernementales montrent que les réserves stratégiques de pétrole ont diminué pendant quatre semaines consécutives, selon Bloomberg. Ce dernier ajoute que les stocks américains de distillats ont eux aussi chuté à leur plus bas niveau depuis 2005.
Cet article a été publié alors que l’Iran continue de restreindre le flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, en réponse à l’agression américano-israélienne déclenchée fin février et suspendue dans le cadre d’un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.
Téhéran a indiqué que le flux normal du pétrole dans le détroit, par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial, reprendra une fois l’agression définitivement terminée et après la levée du blocus illégal imposé par les États-Unis au commerce maritime iranien.